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Lens - Nice / Finale CDF / 22-05-26 à 21h00


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il y a 8 minutes, Clorith a dit :

Je le dis gentiment avant que d'autres le fassent méchamment :

"Même là, il tire au-dessus !" 
:lol:

J'espère qu'il est plus précis avec Madame Sotoca pendant la levrette 🫣

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« Il fallait vraiment être là », entre chenille géante et chants, comment les anciens du RC Lens ont vibré au Stade de France

Le 22 mai, le RC Lens a remporté la Coupe de France pour la toute première fois de son histoire. Venus à l’invitation du club ou par leurs propres moyens, de nombreux anciens joueurs, entraîneurs ou dirigeants du Racing étaient de la fête à Saint-Denis. Pour un vrai moment de partage intergénérationnel.

D’Eric Sikora (à droite) à Tom Pouilly (en bas à gauche), en passant par deux des héros de Wembley, Vladimir Smicer et Michaël Debève, c’est tout le Racing qui était derrière son équipe vendredi.

« Depuis vendredi, de très nombreuses personnes me félicitent dans la rue, comme si j’avais moi-même joué, se marre Pierre Laigle, ancien international français, désormais basé à Lyon. Je crois vraiment qu’il y avait un élan général, à l’échelle nationale, derrière Lens, avec l’idée de surtout récompenser le public lensois. Je n’avais jamais vu ça, un stade avec autant de supporters sang et or… Je ne remercierai jamais assez le Racing d’avoir pensé à moi et de m’avoir invité pour cette finale. » Cinq jours après le grand soir, l’ex-milieu de terrain lensois évoque tous les vieux amis retrouvés à Saint-Denis. De Jean-Luc Lamarche, celui qu’il l’avait recruté à Auchel, à tous ceux avec qui il a partagé des émotions sur les pelouses, de Jean-Guy Wallemme à Roger Boli, en passant par Patrice Bergues, son entraîneur entre 1993 et 1996.

Le RC Lens avait convié de nombreuses anciennes gloires pour le rendez-vous dyonisien. Si Pierre Laigle était venu directement de Lyon, un bus parti de Lens à 15 heures avait amené l’essentiel de la troupe. Hervé Arsène, éternel ambianceur en chef, y tenait le rôle principal, haranguant ses compagnons de déplacement. « C’était tout simplement génial, livre Charles Itandje, gardien des Sang et Or de 2002 à 2007. Revoir tous ceux qui m’ont transmis les valeurs du RC Lens était un moment exceptionnel. Autour de moi, il y avait quand même du très lourd : Wagneau Eloi, José Pierre-Fanfan ou Adama Coulibaly, pour ne citer qu’eux. »

Yoann Lachor, héros éternel de 1998, est lui venu par ses propres moyens. Les fans lensois ont la surprise de le voir débarquer dans la fan zone. Le gaucher participe au cortège festif, au milieu des milliers de fous du Racing, qui prend la direction du Stade de France vers 18 heures. « Ce cortège, c’est vraiment sympa, glisse-t-il. Être au cœur des supporters n’est pas nouveau pour moi. Avant d’être un joueur de ce club, j’en ai été un fan. Ce qui me marque dans l’esprit que dégage ce regroupement, c’est l’envie de faire la fête dans la bienveillance. J’observe qu’il y a beaucoup d’enfants, que les chants sont magnifiques et que c’est un vrai partage. On sent qu’on va vivre un bon moment. »

En arrivant au Stade de France, à 19h30, les ex-gloires lensoises en profitent pour figer ces instants de camaraderie, dans le contexte prestigieux d’une finale. Ils prennent la pose. Vingt-huit ans après avoir fumé un cigare sur la benne sang et or célébrant le titre de champion, Vladimir Smicer est bien là. Il n’a pas eu le temps de se laisser pousser la barbe légendaire qu’il arborait par superstition le soir de la finale perdue face au PSG en 1998, dans ce même lieu. Mais c’est plus confortable pour embrasser son pote Michaël Debève, venu lui aussi soutenir le Racing. Au même moment, près de l’entrée A du Stade de France, Tom Pouilly, qui a joué 10 matchs avec les pros en 2024-2025, attend pour entrer dans le virage sud. Grand fan des Sang et Or, bien avant d’en porter le maillot, le défenseur de Pau va vivre la finale au cœur du réacteur à émotions : dans le kop lensois.

Guillaume Warmuz, qui fête ses 56 années en ce 22 mai, n’a en revanche pas la chance de prendre son temps. Le gardien emblématique du club, champion 1998 et vainqueur de la Coupe de la Ligue 1999, est un ambassadeur du Racing. La veille, il est venu parler au groupe lensois pour partager son expérience. Le vendredi midi, il a participé au déjeuner officiel, à Enghien-les-Bains. Autour de la table, notamment partagée avec Philippe Diallo, le président de la FFF, et Jean-Pierre Rivère, le président de l’OGC Nice, « Gus » a redit son plaisir d’être là, susurrant aussi son rêve : celui de voir son Racing soulever le trophée, histoire de refermer la blessure de 1998. Dans un élégant costume blanc, l’ex-gardien lensois entre sur la pelouse en portant justement la Coupe de France pour la présenter aux 76 000 supporters. « Je vais donc vivre cette finale en tribune présidentielle, souffle-t-il. Ce sera de manière plus intime que mes copains présents ailleurs, mais de manière également très intense. »

Yoann Lachor, dos au terrain, participe à l’énorme « tous ensemble » envoyé par les fans du Racing. Dans les travées brûlantes de Saint-Denis, le coup d’envoi provoque un vrai cri du cœur de tous ces anciens placés en zone C, collée au virage sud où les associations de supporters ont pris place. « Dans le bus nous amenant ici, il y avait de la franche rigolade, explique Michel Ettorre, ex-coach adjoint. Ça chambrait dans tous les sens. » L’ancien gardien, vainqueur de la Coupe de France avec Metz (1984, 1988), puis en tant qu’entraîneur des gardiens de Strasbourg (2001), s’amuse de vivre ce moment de l’autre côté de la balustrade : « C’est différent. Déjà, quand tu es joueur, on t’amène directement dans l’enceinte. Là, il nous a logiquement et très normalement fallu marcher pendant une petite demi-heure pour arriver au stade. Être au milieu de tous ces gens, cela te fait entrer dans le match un peu plus tôt. »

Autour de lui, toute une bande d’anciens se fond au milieu des près de 60 000 supporters sang et or. Dans une liste non exhaustive, on y retrouve Jocelyn Blanchard, François Brisson, Geoffrey Kondogbia, Lesly Malouda ou Christophe Marichez. Patricia Leclercq, l’épouse de Daniel, est aussi présente. Ils vibrent, chantent. « Nous ne sommes plus des anciens joueurs, se marre Michel Ettorre. Nous sommes juste des gosses. » Florian Thauvin ouvre le score (1-0, 24e). « On ne se pose pas de question, on chante, reprend Yoann Lachor. Mais on continue quand même d’analyser ce qu’il se passe sur le terrain. Je sais, par exemple, que ce but est important. Il vaut mieux évidemment le marquer que de l’encaisser. Mais ce qu’il compte, c’est le score au coup de sifflet final. Là, il reste beaucoup de temps. » Odsonne Edouard double la mise, mais Nice relance bien trop vite le suspense (2-1, à la pause).

La seconde période est particulièrement stressante. « Je reste serein » balaie Pierre Laigle. « On est ballotté, retrace Charles Itandje. Mais le but d’Abdallah Sima (3-1, 77e) est une libération. » Il ne reste plus qu’à sauter et à chanter encore plus fort. Placé juste derrière la cage qui vient de voir le Sénégalais donner deux buts d’avance au Racing, Yoann Lachor savoure : « Cette ferveur, je la connais. Mais vivre le truc de l’autre côté, au milieu des supporters, ça me rappelle quand même qu’on a fait partie de cette équipe de 1998 et 1999 qui a permis à tant de gens d’être heureux. On ne s’en rend pas toujours compte quand on est acteur sur le terrain. » À 23h03, Jérôme Brisard siffle la fin de la partie et le début de la fiesta. « On est ivre de bonheur, livre Michel Ettorre. C’est vraiment quelque chose. » Il est embarqué dans une chenille géante, une farandole gigantesque, tout comme le Brésilien Vitorino Hilton.

Connecté, Jimmy Cabot lâche un message sur les réseaux sociaux : « Quel groupe, quelle équipe, quel club. » Tom Pouilly a vécu le match avec les ultras. Le Liévinois a particulièrement vibré sur un chant qui raconte son amour du Racing. Les premières paroles ? « Depuis qu’on est tout petit, on te consacre nos vies ». Il voit ses ex-équipiers s’avancer vers lui : « Je les embrasse tous. C’est une soirée incroyable. En tant que fan, je n’ai jamais connu ça. Je ne pleure pas mais les émotions sont fortes. Je retiens mes larmes, on va dire (rires) »

Là-bas, dans la tribune présidentielle, Guillaume Warmuz salue les nouveaux héros artésiens, emmenés par Adrien Thomasson, qui viennent cueillir le graal de tout un peuple : la Coupe de France. « Ce coup de sifflet final a été un grand moment, retrace l’ancien gardien. Tout joueur pro n’attend que ça : vivre un instant comme celui-là. C’est la fin d’une longue quête, c’est l’instant absolu. »

Après avoir levé le trophée, deux autres anciens joueurs de la maison partagent leur plaisir avec le kop. Ils ont intégré le staff pour transmettre l’histoire de ce club au groupe de Pierre Sage. Cédric Berthelin, coach des gardiens, tape dans la main de Sylvano, le speaker du Racing. Éric Sikora reprend Le Chasseur, la chanson de Michel Delpech balancée par les enceintes. On ne le sait pas, mais le week-end n’en est qu’au début de sa folie. « En repartant en bus, on s’est retrouvé coincés dans les embouteillages, narre Michel Ettorre. Voir tous ces gens qui faisaient la fête aux barrières de péages, c’était fantastique. Merci au Racing d’avoir pensé à nous. Parce que, franchement, il fallait vraiment être là pour vivre ce truc. »

VDN

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