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[7] Florian Sotoca


Teddy
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  • 1 month later...

Il a encore été énorme contre Lyon.  Dire qu'il y en a qui attendent la moindre contre performance pour lui tomber dessus, comme à Nantes (alors qu'il est loin d'avoir été le seul à ne pas avoir été bon).

Pareil ça me fait rire quand j'entends qu'il serait au-dessus de son niveau. Ce qu'il montre c'est son niveau justement, sinon ça ne durerait pas aussi longtemps.

Sûrement le joueur le + rentable pour le club au niveau qualité/prix. Tous les ans beaucoup l'annonce remplaçant et tous les ans il est titulaire indiscutable. 

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il y a 17 minutes, Dony a dit :

Décryptage : Florian Sotoca, l'homme à tout faire de Lens

Troisième meilleur buteur de Ligue 1 et fer de lance de l'attaque des Sang et Or, Florian Sotoca s'est mué ces derniers mois en un joueur complet et essentiel dans tous les compartiments du jeu lensois. Avec ou sans ballon, au coeur du jeu comme à la finition, le trentenaire s'épanouit comme jamais.
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« Chaque saison, on fait une nouvelle recrue, c'est Sotoca, parce que chaque saison, il progresse. » Mi-septembre, au moment de dresser le bilan de son (dernier) mercato à la direction sportive du RC Lens, Florent Ghisolfi faisait part à La Voix du Nord de son admiration pour Florian Sotoca, symbole de la réussite des Sang et Or depuis son arrivée en 2019.

Novice en Ligue 1 au moment de l'accession du club artésien il y a deux saisons, le polyvalent attaquant (bientôt 32 ans) a bel et bien évolué au fil des mois pour incarner aujourd'hui un parfait symbole du projet de jeu de Franck Haise, assurant discipline et agressivité en phase défensive et exploitant une grande liberté créatrice en phase offensive. Pour ne rien gâcher, le voilà qui parade sur le podium du classement des buteurs (6 réalisations, soit déjà autant que la saison dernière).


Un investissement constant sans ballon

Si son rôle au sein du trident offensif lensois et son efficacité ont pu varier au fil des mois - on y reviendra - Florian Sotoca assure à ses coéquipiers et à son entraîneur une base non négociable et fortement appréciable : une implication totale lorsque son équipe n'a pas le ballon. En premier rideau devant, plus bas afin de prêter main-forte à ses milieux ou sur le côté pour protéger son latéral, Sotoca ne rechigne jamais, en témoignent ses 11,3 kilomètres avalés en moyenne. Et le Narbonnais de naissance ne se contente pas de courir. Il sait se déplacer dans les zones idoines et dans le bon timing pour perturber les offensives adverses.

« Flo fait partie de ces joueurs offensifs qui ont cette capacité à être au service de l'équipe et, en même temps, d'être très intelligents pour faire les compensations, les équilibres, soulignait Haise l'an dernier. Pour ça aussi, c'est un joueur rare. » À tel point que le coach nordiste n'hésite pas, ponctuellement et selon l'organisation adverse, à utiliser son couteau suisse au milieu d'un 5-3-2 en phase défensive.

 

Une importance croissante à la création

L'utilisation de Sotoca dans l'entrejeu n'est d'ailleurs pas simplement une stratégie occasionnelle et défensive de la part de Franck Haise. Si l'ex-Grenoblois s'est d'abord imposé dans un rôle de second attaquant au RCL, il est peu à peu devenu un relais essentiel dans la construction du jeu lensois, disposant d'une grande liberté dans ses déplacements et ses choix. Au-delà de son intelligence de jeu et de sa progression personnelle, cette évolution s'est accélérée la saison dernière, à mesure que David Pereira da Costa poussait Gaël Kakuta vers le banc des remplaçants.

Sans leur organisateur « traditionnel », les Sang et Or ont dû adapter leur schéma, développer d'autres habitudes de jeu, et ont trouvé en Sotoca leur nouveau point de référence pour sublimer leurs sorties de balle. Aujourd'hui, en plus d'incarner une menace entre les lignes plus haut sur le terrain, il n'est pas rare de le voir décrocher pour jouer quasiment le rôle de deuxième n°8 (compensant idéalement la propension de Seko Fofana à se rapprocher du couloir gauche). Ses qualités dos au but, en appui, et sa vision du jeu pour exploiter les projections de ses latéraux ou de ses compères offensifs y font souvent merveille.

Son implication plus étoffée à la construction se retranscrit d'ailleurs assez nettement dans les chiffres : de 26,5 passes par match en 2020-2021, il est passé à 32,5 la saison dernière, puis 43 cette saison. Avec une précision, elle aussi, en progression constante (73,6 %, 78,2 % puis 82,4 %).

 

Attaquant atypique, hybride et altruiste par nature, celui qui n'a découvert le monde professionnel qu'à 24 ans a dû patienter jusqu'à la trentaine pour trouver le contexte tactique idéal pour s'épanouir. Mais alors comment définir le poste occupé par Florian Sotoca au sein de ce RC Lens ?

Toutes proportions gardées et dans un style forcément différent, il ne paraît pas tout à fait incongru d'emprunter l'autodéfinition d'un certain Thomas Müller, formulée ainsi en 2011 : « Je n'aime pas trop être présenté comme un avant-centre. J'aime être actif dans les espaces dans le dos des milieux adverses. C'est dans ces zones que je peux faire le plus de mal à l'adversaire. Je suis un mélange entre un avant-centre et un milieu de terrain. Je suis un interprète de l'espace (« Raumdeuter » en VO). C'est une question d'instinct. »

 

De nets progrès à la finition

Et s'il est question d'instinct, le vice-capitaine lensois n'en manque pas ces derniers temps. Alors qu'il n'a jamais marqué plus de 11 buts sur une saison (avec Grenoble en L2 en 2018-2019) et en avait totalisé 14 sur ses deux premiers exercices en L1, le voilà déjà à 6 unités après 9 journées (plus 2 passes décisives).

« C'est devenu un joueur encore plus complet, appréciait Franck Haise mi-septembre. Je suis très satisfait de son évolution cette saison car au-delà de son travail sur toutes les zones du terrain, il est aussi le troisième joueur qui tente le plus de tirs (voir graphique plus haut). Malgré le fait qu'il dézone - ce qui fait partie de notre plan de jeu - et tout son travail défensif, sa démarche collective, il est aussi capable d'attaquer le but, de marquer, de faire des passes décisives. »

 

Sa complémentarité avec Loïs Openda et David Pereira da Costa semble naturelle. Le départ de Jonathan Clauss lui a donné (encore) plus de responsabilités offensives, et Florian Sotoca a surtout réglé la mire : alors qu'il avait besoin de 18 tirs en moyenne pour marquer l'an dernier, 6 suffisent depuis l'entame de cette saison ! Son volume de dernières passes a également grossi, portant son implication directe dans 5,6 tirs dans le jeu en moyenne (3,5 tirs et 2,1 dernières passes), contre 3,5 en 2021-2022 (2,5 tirs et 1 dernière passe).

« Cette année j'ai plus de réussite, ça me met plus en valeur », s'excusait presque l'intéressé après le succès face à l'OL (1-0) au micro de Prime Video, avant de louer « le travail du coach, de la vidéo, des coéquipiers... J'arrive à me créer plus d'occasions et je me rends plus utile à l'équipe. » Sa façon à lui d'admettre qu'il est incontournable.

 

 

 

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Ses stats de ballons touchés et passes réussies montrent vraiment à quel point il a progressé depuis 3 ans, surtout la seconde stat car ça prouve qu'il a moins de déchet dans son jeu malgré le fait qu'il ne soit pas réputé pour sa technique.

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  • 4 weeks later...
Il y a 9 heures, manico a dit :

 

J'avoue que je n'y connais rien en data. J'ai le sentiment qu'elles ne sont pas terribles. Je me trompe ou pas ? Merci de l'éclairage. 

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  • 1 month later...
  • 3 months later...
  • 2 weeks later...
  • 3 weeks later...
il y a 7 minutes, MisterFraiZ a dit :

Chou blanc, mais j'ai trouvé cette petite perle 😅

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C'est marrant, hier je regardais une vidéo de TheGreatReview (Chaîne incroyable par ailleurs, je vous la conseille) sur Shia Leboeuf et la capture de drapeau. C'est assez intéressant et dingue comme histoire. Voilà, je suis hors-sujet mais ça me fait rire de voir ça alors que j'ai son "Just Do It" qui résonne dans ma tête.

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<< Petit >> reportage de la Voix du Nord

 

REPORTAGE. RC Lens : Florian Sotoca raconté par les siens, « il n’oubliera jamais d’où il vient »

Dans sa ville natale de Narbonne, tous savaient que la carrière de Florian Sotoca finirait bien par décoller un jour. Mais les performances de l’Audois avec Lens surprennent toujours ceux qui l’ont côtoyé à ses débuts. Comme à quelques kilomètres plus au nord, à Béziers, qui a été un tremplin vers le professionnalisme pour l’attaquant. Ou comment un homme normal est devenu un joueur anormal.

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Par Loïc Bessière - Photos Ludovic Maillard et « La Voix »

Publié:9 Mai 2023 à 07h45Temps de lecture:18 minPartage :

Le JDD, France Info, So Foot, La Voix du Nord… Dominique Lebouchet a déjà fait le tour des médias français. Et peut-être même des titres de presse étrangers, qui sait… Mais toujours sous le même pseudonyme : « L’oncle chez qui Florian Sotoca a travaillé. » C’est d’ailleurs dans ce fameux local que le grossiste en chaussures reçoit, sur les hauteurs de la ville. Dehors, le temps est typique de Narbonne : ensoleillé mais venteux. Le sourire de Dominique Lebouchet est, lui aussi, radieux. Peu lui importe que son neveu soit considéré comme une anomalie dans le milieu du football professionnel, pour le simple fait d’être entré, un temps, dans la vie active. Lui veut juste parler de "Flo".

 

L’interview n’a même pas commencé que la première anecdote fuse : « La saison dernière, je suis allé à Lens voir Florian jouer contre Nantes. À la fin du match, il m’a proposé de repartir avec lui en voiture. Et là, pendant plus d’une demi-heure, il a signé des autographes et pris des photos à la sortie du parking. »  Cette célébrité et ce succès font sourire autant qu’ils ne surprennent parmi les proches de l’attaquant lensois, ceux qui l’ont connu quand il n’était qu’un jeune gamin narbonnais ne vivant, déjà, que pour le football.

Une bonne dose de FUN

C’est de l’autre côté de la frontière qu’il faut se rendre pour échanger avec Bastien Diaz. Comprenez dans l’Hérault, et non plus dans l’Aude. Une fine pluie du mois de mars oblige à quitter la terrasse de cette boulangerie de Maraussan, dans la banlieue de Béziers. « Je suis ami avec Arnaud, son cousin qui a deux ans de plus que lui. Florian, Arnaud et leur autre cousin, Guillaume, se considèrent comme des frères. Je jouais avec Arnaud au FUN (Football Union Narbonne). » Les bases sont posées. Bastien et Arnaud ont toujours eu un œil sur le jeune attaquant du club. Comme Gilles Sumala : « Je l’ai entraîné en poussin, en benjamin… Je l’ai suivi tout au long de sa formation. »

À LIRE AUSSI  Comme le bon vin, Florian Sotoca se bonifie avec l’âge

Florian Sotoca est alors considéré comme un bon joueur mais n’est pas au-dessus du lot, au contraire d’Olivier Bonnes (ex-Lille), issu de la même génération. Comparé à l’ancien Dogue parti se former au FC Nantes, le Lensois n’est jamais contacté par des clubs professionnels. « Il n’était peut-être pas dans les critères de formation de l’époque, déplore son ancien entraîneur. Il y a beaucoup de candidats pour pas beaucoup de places et peu de réussite à la fin. Il était tellement ancré dans le football narbonnais que ce n’était pas une question que l’on se posait. »

Puis arrive sa montée en U18, une catégorie alors sur trois années. Bastien Diaz joue enfin avec son ami. Une saison gravée dans sa mémoire : « Il a senti qu’on était un peu comme ses grands frères, qu’on allait le protéger. Cette année-là, on marche sur l’eau. Il a mis 46 buts, je crois. Il était maigrichon mais il courait partout. Quand il joue, son énergie est contagieuse. Il va gagner une touche au point de corner, se retourner et encourager tous ses copains. Il est apprécié de tous pour ça. »

 

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Les performances de l'attaquant lensois n’échappent pas à Gilles Sumala. « J’ai été entraîneur de la réserve et je le prenais régulièrement avec moi, même s’il n’avait que 16, 17 ans, se remémore-t-il. Et quand j’ai repris l’équipe première, pareil. Il avait un état d’esprit remarquable et avec ses qualités, il a tout de suite apporté à l’équipe. J’avais entendu beaucoup de choses, comme quoi il y avait des joueurs meilleurs que lui. Mais pour moi, c’était un joueur en devenir et il avait besoin d’être au contact d’éléments plus aguerris pour franchir un palier et aider le club à grandir. »

Florian Sotoca est encore loin des déplacements à Paris ou Marseille. Il se contente de celui à Saissac, alors 929 habitants, dans l’Aude, où il marque un quadruplé en septembre 2010. Ces voyages dans les plus grands stades de France et de Navarre, Fabrice Mannucci les a connus avec l’ASSE (1993-1998). Dans son salon, Ligue 1 en fond à la télé, l’ancien défenseur central se souvient de ses années à partager le vestiaire narbonnais avec l’attaquant : « Il avait une force physique impressionnante pour son âge ! Un monstre ! Il avait le mental, il ne lâchait jamais rien. Il avait des qualités techniques, la vitesse : il était complet. Ce n’était pas un buteur dans le sens renard des surfaces, mais offensivement, c’était lui qui déclenchait. » Comme Bastien Diaz, comme Gilles Sumala, l’ancien Stéphanois loue aussi la mentalité de l’Artésien. « Même si on n’était pas de la même génération, c’était un bon mec, à l’écoute sur le terrain, continue-t-il. Il était un des meilleurs buteurs mais il ne faisait pas le fanfaron. Il était humble. »

Colocation, pizza et ligament croisé

Bac STMG en poche, c’est le début de la vie étudiante pour Florian Sotoca. Narbonne étant située quasiment à équidistance de Toulouse et de Montpellier, les jeunes Audois se répartissent en général entre les deux villes pour continuer leur scolarité, tout en pouvant rentrer voir papa et maman le week-end. Pour l’attaquant, direction l’Hérault. Au programme, un DEUST Animation, commercialisation des services sportifs. Dans la cité montpelliéraine, il retrouvera des visages bien connus. Il sera en colocation avec Bastien Diaz (photo ci-dessous), son cousin Arnaud et un quatrième élément, Pascal. « Jeune, on était très proches, on a passé beaucoup de journées et de soirées ensemble. On savait que la coloc fonctionnerait », révèle le premier nommé.

 

Bastien Diaz avec Florian Sotoca, en 2012

 

Il garde un bon souvenir de ces deux années à habiter sous le même toit que Florian Sotoca,  une personne facile à vivre, surtout si le téléviseur est branché sur du football, selon ses dires. Beaucoup de personnes, pour ne pas dire tout le monde, décrivent l’homme comme le joueur : toujours à fond. Alors, qu’en est-il de sa participation aux tâches ménagères ? « Joker, en rigole-t-il ! Avec Florian, on était assez laxiste. C’était surtout son cousin Arnaud qui gérait ça. Flo faisait à manger, mais ce n’était pas un grand cuisto. Là aussi, c’était Arnaud, ou Pascal, qui étaient les meilleurs. On mangeait souvent des bêtises. La pizzeria d’en face a fait un très bon chiffre ! »

Malgré l’heure de route, ou de train, qui sépare Montpellier de Narbonne, l’attaquant garde son assiduité aux entraînements. « Il faisait l’aller-retour à Narbonne deux fois par semaine pour s’entraîner et il ne trichait pas, même l’hiver quand il faisait froid. Il n’a pas loupé un entraînement. Inconcevable ! Il arrivait même en avance », poursuit Bastien Diaz. L’entraîneur du FUN ne le contredira pas. « C’est quelqu’un avec un état d’esprit exceptionnel. On ne devait jamais être derrière lui pour qu’il avance. C’est un garçon comme on aimerait en avoir beaucoup dans son équipe. Le foot, c’est une énorme passion pour lui. Il en fait car il aime ça », confirme Gilles Sumala. Fabrice Mannucci a eu au marquage des attaquants de la trempe d’Amara Simba, Sonny Anderson ou Sylvain Wiltord, en Ligue 1. En Équipe de France U18, il a même eu l’Anglais Robbie Fowler dans les pattes. Et pourtant, les entraînements à surveiller Florian Sotoca l’ont marqué : « Parfois, dans des clubs, tu as des joueurs qui sont très forts à l’entraînement, mais pas en match. Et vice versa. Lui, dans mon souvenir, il ne lâchait jamais rien. D’ailleurs, il s’est tout de suite imposé dans l’équipe et il n’en est plus sorti. »

 

 

 

 

Durant la saison 2010-2011,  Florian Sotoca se rompt le ligament croisé du genou. « Il se blesse contre une équipe avec qui nous jouions les premiers rôles, le FC Sète. Le soir de cette rencontre, on était leader. Mais on pensait que ça serait très compliqué car il avait fait un gros début de saison, il marquait à tous les matchs. Il a planté quelques doublés, des triplés. On s’était posé des questions », rejoue Gilles Sumala. Si le FUN « a essayé de l’aider comme il le pouvait »,  dixit l’entraîneur narbonnais, Fabrice Mannucci s’est inquiété pour son jeune coéquipier. « Je me suis dit : "C’est dommage, il commence à être repéré par d’autres clubs, ça va lui mettre un coup d’arrêt." Mais il a un gros mental, il est passé outre. » Sans lui, Narbonne réussira quand même à monter dans la division supérieure qui s’appelle encore CFA 2.

Entraîneur et employé

Après avoir obtenu sans encombre son diplôme, Florian Sotoca revient dans l’Aude. « Les études n’étaient pas sa priorité. Percer dans le foot, c’était dans un coin de sa tête mais ce n’était pas une obsession. Il vit au jour le jour. Il est toujours optimiste, il n’attire que les bonnes choses », lance Bastien Diaz. Ce dernier prend en charge les U10-U11 du club avec son ami cette année-là, en parallèle des matchs au FUN de l’attaquant Sang et Or. « C’était génial d’entraîner ensemble, on a adoré ça. Il était très impliqué », se souvient-il. Alors, à quoi ressemble le Florian Sotoca coach ? « Il est comme le joueur, lâche le co-entraîneur. Il ne sait pas faire à moitié de toute façon. Il encourageait beaucoup, il était très positif. C’était un entraîneur entraînant. Les petits allaient au combat pour nous ! Il avait une analyse du jeu, il essayait tactiquement de bouger des choses. Il se rongeait tous ses ongles pendant le match. Les gosses ont gagné beaucoup de rencontres ! Les petits l’adoraient. Il serait resté à Narbonne, il aurait adoré continuer. » Impliqués, les deux hommes font une réunion tactique une fois par semaine. « Tous les lundis, on mangeait un kebab et on faisait une analyse des entraînements et des petits. On avait une super génération 2003 sur les deux équipes que l’on gérait », termine Bastien Diaz.

 

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Florian Sotoca ne vit pas encore du foot, évoluant en CFA 2, toujours à Narbonne. C’est alors que son oncle, Dominique Lebouchet, lui propose un travail comme grossiste en chaussures : « J’ai ouvert ce local en février 2013 et je l’ai pris en CDI. Pour débuter, il me fallait quelqu’un. Je lui en ai parlé et il m’a dit oui », rejoue-t-il, installé dans son bureau. Juste derrière lui, accrochée au mur, une trace du passage de son neveu. Trône là une photo imprimée du titre de champion du monde universitaire gagné par le Narbonnais en 2013, alors qu’il travaille encore chez son oncle. Malgré son manque d’expérience, le footballeur s’est très bien débrouillé selon son supérieur hiérarchique : « Il m’aidait à préparer les collections, c’est-à-dire prendre des photos, les détourer, étiqueter des échantillons… On envoyait ensuite tout cela à nos commerciaux en France. Je partais sur les salons mais lui restait ici car on recevait en parallèle d’autres collections. Il fallait décharger les colis et préparer les livraisons pour les clients. Sans connaître le boulot, il restait seul et il assurait ! »

Ils ne travailleront que cinq mois ensemble, son employé partant en juillet. Une période courte mais dont Dominique Lebouchet parle encore avec un large sourire, dix ans après. « J’ai appris à mieux connaître mon neveu, que je connaissais dans le cadre familial mais pas dans celui du boulot. Ce n’est pas évident de travailler en famille. Je ne doutais pas de lui, mais j’aurais pu être déçu. En travaillant avec son tonton, il aurait pu ne pas se donner à fond. Ça a été le contraire ! De se voir sept heures par jour, ça m’a créé un lien plus fort avec lui », déclare-t-il.

 

Bastien Diaz, Florian Sotoca et leur équipe d'U10-U11

 

Le Lensois a marqué les clients qui se souviennent encore de lui, frappés, une fois de plus, par son envie débordante : « Certains me disent : "On voit qu’il se donne à fond sur les terrains mais il se donnait déjà comme ça dans l’entreprise."   Je ne connais pas un point où il n’est pas à fond de toute manière. » Dans le Narbonnais, tout le monde sait que l’attaquant a travaillé chez Dominique Lebouchet. Mais les  aficionados du Racing sont partout : « Dans le Var, à La Roquebrussanne, j’ai un client qui est originaire de Lens et supporter du RCL. Je travaille avec lui depuis plus de 20 ans et cela a entraîné encore plus d’affinité. Il m’a demandé des photos dédicacées. » Travailler chez un grossiste en chaussures reste éloigné des rêves footballistiques du jeune homme : « Il est toujours resté discret. Quand il était ici, il avait déjà 23 ans donc on savait qu’il souhaitait partir. Mais il n’a jamais vraiment dit qu’il voulait devenir professionnel. Il savait rester humble en montant les échelons petit à petit. » Première étape : Martigues, en National 2.

À Béziers, un duo en or avec Kévin Fortuné

Narbonne et Béziers, malgré 20 000 habitants de différence, environ, ont plusieurs points communs. Pêle-mêle, un taux de chômage et de pauvreté élevés, une économie basée sur le tourisme avec des stations balnéaires, des vignes à perte de vue et, surtout, le rugby, érigé en religion. L’ovalie a entraîné une rivalité entre les deux villes, surtout dans les années 1970, quand les deux clubs étaient à leur apogée. Florian Sotoca est au courant de tout cela quand il quitte Martigues pour Béziers, à l’été 2014. Ses grands-parents et ses parents sont de fervents supporters du Racing Club Narbonnais. Lui aussi d’ailleurs.

 

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Quand les rugbymen gagnent leur place en Pro D2 (deuxième division) à l’été 2021, il les félicite et fête la montée avec eux. « Il connaît toujours les résultats et le classement du rugby, ne cache pas Bastien Diaz. Il suit aussi le club de volley (en Pro A). Actuellement, il regarde beaucoup de tennis. » L’Avenir Sportif Béziers joue alors en National 2, dans le stade de Sauclières, celui utilisé à l’époque par les rugbymen de l’ASB. Ce stade est aujourd’hui vétuste et d’un autre temps, avec ses piliers au milieu des tribunes. Il est aussi chargé d’histoire. L’ASB y a célébré onze titres de champion de France et a été invaincu sur sa pelouse durant 95 rencontres, entre 1969 et 1981 !  Florian Sotoca, lui aussi, fera vite de cette pelouse bordée par le canal du Midi son jardin. L’attaquant est donc de retour dans le Languedoc, un an seulement après son départ pour les Bouches-du-Rhône. « Sa famille lui manquait, il en avait besoin », relance Bastien Diaz.

« C’est un garçon que l’on avait affronté car nous étions dans la même poule que Martigues. Il avait un passé dans le coin, nous avions eu de bons échos sur son état d’esprit », détaille Xavier Collin, alors entraîneur de Béziers, où il gère aussi le recrutement. Le vainqueur de la Coupe de la Ligue 2000 avec Gueugnon fait coup double en recrutant dans le même club Kévin Fortuné. « On n’a pas beaucoup joué ensemble à Martigues, rejoue l’ancien Lensois (2016-2018). La première partie de saison, j’ai beaucoup joué et pas lui et ça a été l’inverse durant la seconde partie. Mais il y avait surtout un bon lien d’amitié. » Il le certifie, quand il signe à l’ASB, il n’est pas au courant que Florian Sotoca rejoint lui aussi l’Hérault. « Quand cela s’est fait, j’étais très content », s’enthousiasme-t-il. Xavier Collin est lui aussi heureux de revoir les deux hommes réunis sous le maillot : «  Ils ont le même profil, avec des qualités de percussion et de dribble. Ils nous avaient tapés dans l’œil. »

 

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Dans le 4-2-3-1 ou le 4-3-3 biterrois, Kévin Fortuné prend le couloir gauche, Florian Sotoca le droit. « On inversait les positions durant la rencontre, cela déstabilisait l’adversaire », se souvient l’actuel joueur d’Orléans. « Il a joué devant, dans un couloir et même piston, complète l’entraîneur. Et toujours avec la même générosité. Il a fait passer le collectif avant lui. Il était discret, à l’écoute et il tirait les autres vers le haut. » Mais attention tout de même selon l’ancien défenseur de Montpellier, « avec son caractère, il ne fallait pas lui marcher sur les pieds ! Il s’est construit dans les niveaux inférieurs où ce n’était pas facile. » Cette saison-là, Béziers obtient la montée en National. « Une belle bande de potes », selon l’attaquant, parmi laquelle le Narbonnais ne dépareille pas. « Je retiens de "Flo" sa bonne humeur, toujours gai. C’est cool d’être avec quelqu’un qui est souriant comme lui. Comme moi, il a la joie de vivre. Et il a aussi un accent du sud très prononcé », rit le Martiniquais.

Comme dans le vestiaire, cela se passe bien sur le terrain pour l’Audois. « Il manquait d’efficacité. Il ne lui manquait pas grand-chose, de la justesse dans les trente derniers mètres. Il avait une énergie débordante à canaliser. Puis il a pris confiance, il a eu un déclic à Béziers », analyse Xavier Collin. Puis arrive ce fameux week-end d’octobre où l’ASB bat 4-0 la réserve de Montpellier. Doublé de Florian Sotoca, le MHSC est conquis et lui propose le Graal : un contrat professionnel, à compter de janvier 2014. « Il avait fait un match extraordinaire, comme toute l’équipe, mais ce jour-là, il était sur un petit nuage », narre Kévin Fortuné. Pour ce dernier, ce match n’est pas un tournant dans la carrière de son ancien coéquipier : « Il avait travaillé dur les saisons précédentes pour ça. Je dirais que c’est plus mérité qu’autre chose. » Son ancien coach est en désaccord avec lui sur ce point-là : « Il était en train d’exploser. Il a fait un gros match, il a été mis en lumière devant les dirigeants montpelliérains qui étaient là. Ils ont rapidement sauté sur l’occasion. On n’a pas voulu le bloquer. C’est un gars attachant, il méritait cette opportunité. Je lui ai conseillé de rester lui-même et de ne pas se mettre de pression. »

Lens, une évidence

Florian Sotoca rejoint donc le MHSC, un club dont il a célébré le titre de champion de France 2012 sur la place de la Comédie, avec les supporters. Seulement deux années plus tard, il se retrouve à jouer avec une grande partie des héros de la Paillade. « On allait le voir s’entraîner avec Sanson, Boudebouz, Hilton… Il était à l’aise, il nous disait qu’ ils étaient ses collègues de travail », s’en amuse Bastien Diaz. En 2018, Florian Sotoca et Kévin Fortuné se retrouveront comme adversaires en Ligue 2. Le Narbonnais sous le maillot de Grenoble, le Parisien de naissance avec celui de Troyes. Les deux joueurs auront réussi à devenir professionnels. « Quand on s’affronte (trois fois en pro), il y a une discussion avant et après le match. C’est toujours un plaisir de revoir son ami. Avec "Flo", on s’entend super bien, aujourd’hui encore. Je ne lui envoie plus des messages comme avant, mais quand on se voit, c’est toujours un bon câlin. Ça reste le même "Flo" que j’ai connu au départ. »

 

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« Le même "Flo"  », justement. Tous les acteurs interrogés ont l’impression de revoir jouer le Florian Sotoca de Narbonne ou de Béziers quand il joue en Ligue 1, tous les week-ends. Au moins dans l’attitude, pour Kévin Fortuné : « Il a quand même beaucoup progressé que ce soit devant le but, dans ses crochets… C’est plutôt un meilleur Sotoca que je vois. Mais quand je le regarde jouer, je vois surtout la même personne. Rester toujours le même, c’est ce qui lui a permis d’atteindre le haut niveau, en gardant ce petit sourire qu’il a comme d’habitude. » Même analyse chez Fabrice Mannucci : « Quand je le regarde à la télé, à son âge, je suis vraiment surpris. Enfin, non, pas surpris, mais c’est beau. Sur la prise d’espace, il ne lâche toujours rien, il défend plus que certains défenseurs et toujours avec cet état d’esprit d’y aller. Je suis plus surpris sur l’aspect technique. Je l’ai vu faire certains matchs, notamment contre l’OM… J’étais surpris qu’il ait ce niveau en Ligue 1. »

Autre avis partagé par tous au moment d’évoquer les bonnes performances de l’attaquant, la stabilité de son entourage. « Il n’oubliera jamais d’où il vient. Il est très bien entouré par une famille soudée et bienveillante. Humainement, il tient tout de sa mère, une personne exceptionnelle. Ça lui a permis d’atteindre ces sommets. Flo a besoin de ça pour performer. Il doit se sentir aimé et que tout le monde soit ensemble, que ce soit dans son équipe ou dans sa famille », dit Bastien Diaz. Pour ce dernier, autre cocon important pour le Lensois : le groupe d’amis, constitué après la fameuse saison passée en U18 au FUN.

 

La _bande de potes_ si chère à Florian Sotoca. Avec, aussi, un certain Jonatha

 

Quinze ans plus tard, si tous ont quitté Narbonne, la camaraderie reste intacte grâce au contact gardé via les réseaux sociaux ou par l’application Mon Petit Gazon. « C’est un des meilleurs chambreurs et un des meilleurs tout court. Il a dû gagner la moitié de toutes nos ligues », s’exaspère son ami. Les buts et passes décisives de l’attaquant dans la vraie vie ne lui servent, en revanche, pas dans le jeu : « Lui ne se prend jamais, par modestie. On sait que son cousin Guillaume l’aura toujours car il met des sommes astronomiques pour qu’il n’y ait pas de débats. »

Florian Sotoca a transmis le virus RC Lens à ses proches, impressionnés par l’ambiance de Bollaert. Bastien Diaz traverse la France la saison dernière à l’occasion de la rencontre face à Nice (3-0), match où son ami finit brassard de capitaine autour du bras avant de sortir dans les dernières secondes, ovationné par tout un stade : « Il y a beaucoup de maillots de "Flo", dont pas mal sont portés par des enfants. C’était génial de voir qu’il est adulé loin de chez nous. Quand tout le stade scande son nom, écharpe brandie, ça fait quelque chose. Il faut le vivre, il n’y a pas de mots. »

 

Dominique Lebouchet a travaillé six mois avec Florian Sotoca. Loïc Bessière

 

Pour Dominique Lebouchet (ci-dessus), l’oncle du footballeur, Florian Sotoca a trouvé l’endroit idéal pour éclore en mondovision, en terre artésienne. «  " Flo", il se sent aimé par ce public. Et quand il se sent aimé, il va donner encore plus. On le voit sur certains matchs. Je ne le vois pas autre part qu’à Lens tellement il est bien dans cette équipe et dans cette ville. Il y a tout pour lui, sauf le soleil », en rigole-t-il. Mais ce soleil, « FL7 » sait qu’il pourra toujours le retrouver sur les bords de la Méditerranée, auprès de ces proches qui sont si importants pour lui. Car malgré sa réussite, Florian Sotoca n’a pas oublié d’où il venait. Le mot de la fin est pour Dominique Lebouchet : « Je le vois dans les reportages et les interviews. Il a toujours cette pensée et ce mot pour dire qu’il a travaillé au dépôt de chaussures de son oncle à Narbonne. » Même s’il est désormais loin du bercail, le tonton est rassuré : Florian Sotoca a trouvé chaussure à son pied à Lens.

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J38 : Sotoca termine dans le Top 5

Derrière le meilleur passeur de la saison, Lionel Messi (PSG), Florian Sotoca (RC Lens) a profité de la dernière journée pour s’offrir une 9e passe décisive et ainsi finir dans le Top 5 du classement officiel des passeurs de Ligue 1 Uber Eats.

Florian Sotoca coiffe Caio Henrique au poteau ! Auteur de sa 9e passe décisive de la saison lors de la 38e journée, l’attaquant du RC Lens a doublé le latéral monégasque pour s’offrir la cinquième place du classement officiel des passeurs de Ligue 1 Uber Eats. Meilleur passeur lensois cette saison, il succède à Jonathan Clauss au palmarès de son club, lui qui était le premier passeur artésien l’an dernier avec 11 unités.

Deux Parisiens sur le podium

Comme la saison passée, c’est un joueur du Paris Saint-Germain qui a été sacré meilleur passeur du championnat. Après Kylian Mbappé et ses 17 offrandes, Lionel Messi s’est adjugé le trophée en délivrant 16 passes décisives. Il est ainsi devenu le quatrième Parisien à être titré sur les six dernières saisons, après Neymar (2017/18, 13 passes), Angel Di Maria (2019/20, 14 passes) et donc Kylian Mbappé (2021/22, 17 passes).

Palmarès et records du classement des passeurs

Sur le podium, la « Pulga » est accompagnée d’un autre Parisien. Forfait depuis le mois de février en raison d’une grosse blessure à une cheville, Neymar termine à la troisième place avec 11 unités. Le Brésilien a bien résisté en haut du classement, notamment grâce à son début de saison canon et ses 10 passes décisives distribuées sur les 16 premières journées pré-Coupe du Monde.

Un Marseillais est tout de même parvenu à s’intercaler entre les deux Franciliens. Quatrième l’an dernier, Jonathan Clauss n’a rien perdu de ses qualités de passeur en migrant du RC Lens à l’OM. Avec 11 passes décisives, comme l’an dernier, le piston est le dauphin de Lionel Messi, ayant signé plus de passes dans le jeu que Neymar (10 contre 8). 

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