Mon avis sur Thomasson. Il aura passé trois ans et demi au club, dont un an et demi à un poste qui n'était pas forcément le sien et deux ans à son vrai poste. Cependant, lors des six premiers mois, il aura quand même marqué 6 buts et délivré 5 passes décisives dans une équipe qui tournait très bien. Sur les deux dernières saisons, il est à 7 buts et 17 passes décisives. Si on considère que seule la saison 2023-2024 est ratée, la balance est quand même plus que positive. Il ne faut pas croire que Bulatovic va récupérer ses stats du jour au lendemain (ça vaut aussi pour le remplaçant de Saïd).
Dans l'idéal, je le prolongerais d'un an avec une autre année en option et j'équilibrerais un peu plus les temps de jeu entre lui et Bulatovic, notamment autour des matchs européens. S'il part, il faudra trouver un milieu avec beaucoup d'endurance, avec un bon QI foot et aussi un apport statistique, car on ne peut pas uniquement compter sur les offensifs pour marquer. On a vu l'an dernier avec Diouf, qui était pourtant l'un des joueurs les plus techniques de l'effectif, qu'un milieu qui ne marque pas et ne délivre aucune passe décisive est inutile sur le long terme (Bulatovic, avec quatre fois moins de temps de jeu que Diouf la saison dernière, a déjà fait mieux).
Ça aurait été plus honnête de sa part de dire qu'il était prêt à diffuser ligue 1+ s'il abandonne ses poursuites avec la lfp.
Pour un mec qui passe son temps à dénigrer la ligue 1, c'est fou comme il insiste pour la reprendre sur sa plate-forme.
Que représente une qualification en Ligue des champions pour vous, pour le club ? Pour une première année, avec Benjamin Parrot aussi à la direction générale, un nouveau coach après un gros chantier l’été dernier, c’est une sacrée réussite…
« Énormément de fierté et un accomplissement sur le travail. On est assez contents d’offrir encore à notre club et aux gens, aux supporters, une coupe d’Europe. Bien sûr, c’est une réussite. Il ne faut pas faire les faux modestes, on ne s’attendait pas, même nous, à ce que ça prenne aussi bien et aussi vite. »
Pierre Sage disait qu’une saison « réussie », à la base, ça aurait été entre 6e et 8e. À quel point ça dépasse ce que vous aviez envisagé ensemble ?
« Je ne sais même pas dire, c’est difficile de quantifier. J’ai vraiment envie qu’on le matérialise par ne serait-ce qu’un petit point vendredi. J’ai le même sentiment qu’après le match de Lorient en 22-23, où ça y est, tu sais que, mais tu ne l’as pas encore… »
« On fait progresser un club, pas qu’une équipe de foot »
Quand vous êtes-vous dit « c’est possible » ?
« En fait, c’est une réflexion, tu ne te poses réellement jamais quand tu es dans la machine à laver de la saison, mais il y a eu un moment où je me suis dit “ce que je vois me plaît en termes de combativité, d’énergie, de football.” Et, après, à la fin des matchs aller, je regardais le classement et sur les autres années, l’équipe qui a fini troisième avait 61 points. Nous, on en avait déjà 40, et Angers 24 ou 25 et je me suis dit “si on fait un parcours de dixièmes, on aura 64, 65, 63”. C’était déjà un indicateur. »
Le titre, vous y avez cru, à un moment ?
« J’y ai pensé, on ne va pas se mentir. »
Quelle est la clé de cette saison ?
« Indéniablement l’alignement, et le respect, entre nous, et avec constamment l’envie de se challenger, ça a été fondamental. Des erreurs, on en fera, mais le but, c’est de continuer à faire progresser un club. »
Avez-vous eu des moments de doute ? On peut penser aux matchs à Lorient, contre Monaco, le derby à Lille, Brest peut-être ?
« Je n’ai pas eu une forme de doute, parce que le match de Monaco, on le perd (2-3) parce qu’on est ce qu’on est, avec nos qualités, nos défauts, avec les qualités de la jeunesse qu’on a eues sur la saison, alors qu’à un moment par exemple, si tu as un peu plus d’expérience… Mais il ne faut pas renier ce qu’on est. Le match de Lorient, on le perd, mais on a 45 centres. Et Lille, il y a un abattage médiatique autour de quelque chose, ou peut-être que nous aussi, je parle des dirigeants, on n’a pas bien préparé le match comme on aurait dû. Il ne faut pas avoir de regrets : on a été réellement dans ce qu’on est tous réellement, c’est-à-dire dans le travail, dans nos valeurs, dans ne pas compter nos heures pour que ça réussisse. Et pas que sur du recrutement, mais sur un ensemble de club. C’est tout un club qui a fonctionné, pas que le sportif. »
Avec le 10e budget de L1, l’équipe n’a pas été bâtie pour ces objectifs-là, où situez-vous la performance par rapport à vos moyens ?
« La performance aujourd’hui, beaucoup la banaliseront parce que – ce n’est pas péjoratif – le supporter, il aime le foot, il veut voir son équipe gagner, il pense que son équipe est la meilleure Et c’est ça qui est beau dans le foot : eux n’ont pas à se soucier d’un aspect financier. Après, chacun a son poste, son rôle. Si on les prend, c’est parce qu’on se sent en capacité d’assumer. Et mon rôle à moi, c’est d’essayer de faire avancer un club et faire rêver les supporters, parce qu’on est compétiteur. Mais si on prend du recul, quand tu analyses ta masse salariale joueurs, 28 M€, il y a des clubs qui ont 100 millions. Nos investissements sur l’été, 26 ou 27 millions, certains ont envoyé beaucoup plus d’argent. Ça ne veut pas dire qu’on est des génies mais qu’il y a un alignement de club, et que des contextes ont été créés pour que les gens, quand ils arrivent, se sentent bien. Et on essaie simplement de se focaliser sur nous, et se challenger chaque jour pour être une meilleure version de nous-mêmes. Parce qu’aujourd’hui, on n’est pas plus forts ou plus intelligents que d’autres, on n’a pas cette prétention-là. »
Vous avez aussi eu de la réussite, dans le recrutement, le lancement de jeunes, à quel point est-ce reproductible pour la saison prochaine ?
« La réussite vient quand tu as créé le contexte, l’alignement. C’est plus facile de réussir des choses quand tout est sain. Mais je sais très bien, et je n’ai pas peur de le dire, que notre saison prochaine sera forcément moins bonne sur un aspect, peut-être, classement. Je suis directeur sportif du Racing Club de Lens et mon objectif, c’est de chaque année faire progresser un club. Les classements en font partie aussi, et ça va être dur de le faire progresser à ce niveau-là. Mais est-ce que l’année prochaine, on fera progresser l’équipe en termes de valeurs marchandes ? On l’a fait cette saison : c’est bien beau de parler de Risser, Sangaré et Baidoo maintenant, mais au début de l’année, on s’est dit, mais qui c’est ceux-là ? Sans parler de l’aspect classement, on a fait progresser le club, on a pérennisé le club financièrement parce qu’on a réussi à créer de la valeur marchande. Et on a avancé dans les infrastructures : on a investi 7 M€ cette année pour améliorer nos terrains, le centre d’entraînement des pros. On veut améliorer plusieurs choses encore pour continuer à faire progresser un club, et pas simplement une équipe de foot. Ça ne tient pas qu’au classement. II y aura des années où on finira deuxième et on sera tous contents, et il y aura des années où on finira dixième, qui est notre place. Nous, à nos postes, on doit constamment se challenger pour essayer de toujours tirer le meilleur du recrutement, de l’équipe, de la formation, le meilleur de tout. Notre business model aujourd’hui, c’est ça, et notre histoire, c’est ça. »
Quand vous allez chercher Florian Thauvin, vous avez une idée derrière la tête, malgré tout, l’idée, comme il l’a dit à Canal+ de passer un « step » qui est la Coupe d’Europe…
« Quand je parle de faire progresser le club, Flo Thauvin va le faire. Il va amener de la tranquillité à Anthony Bermont, Rayan Fofana, Ismaëlo Ganiou et Fodé Sylla, il va leur montrer ce qu’est un champion, un grand professionnel. On sait qu’on ne récupérera pas l’argent peut-être du transfert qu’on a investi. Mais grâce à Flo, on a aussi optimisé tout ce qui est autour du club. Comme avec Odsonne (Édouard) qui a vu des infrastructures en Angleterre et toutes ces choses-là. »
« Maintenant, on va se donner le droit de rêver »
Au mercato d’hiver, il y a l’opportunité assez vite d’Amadou Haidara qui est aussi du moyen terme. Puis Allan Saint-Maximin, à la toute fin pour cinq mois. C’est une ambition à ce moment-là de faire encore mieux ?
« La vision est simple. Quand on est à 40 points et qu’en sortant de la trêve, en plus, on enchaîne vite des victoires, Toulouse, Auxerre tu te dis, “waouh, ça va très vite”. L’objectif, c’est de se dire maintenant, on va se donner le droit de rêver et on est aussi dans l’anticipation parce qu’on sait qu’il y a des joueurs qui sont en fin de contrat, parce qu’on ne sait pas si certains vont resigner ; et parce qu’on sait aussi que les joueurs qu’on a pris performent et on ne sait pas si on pourra les tenir, si des opportunités arrivent. Parce que si on rate la Champions League, on devra forcément en vendre. Si on prend la Champions League, on pourra se donner la possibilité de les tenir. Mais à partir d’un certain montant, on décidera nous des prix et on les vendra. Ça voudra dire qu’en fait, oui, Haidara, si on attend six mois, à la place de le payer deux millions d’euros, on va l’acheter six, sept, huit. Et l’anticipation, ce n’est plus la même.
Allan, c’est une vision d’effectif, se dire, il doit nous aider à terminer les matchs. J’ai eu cette sensation-là sur le match d’Auxerre à domicile, où on gagne, mais c’est difficile à la fin. Le Havre aussi. L’idée, c’était d’avoir un joueur comme ça, qui a de la force dans les jambes, qui nous fait gagner des mètres et peut nous marquer un but seul pour nous tranquilliser un match, comme contre Rennes. Et on sait très bien que les saisons sont longues, difficiles. Avoir un joueur supplémentaire, une arme supplémentaire comme ça, surtout à un coût dérisoire, comparé à ce qui était faisable ou pas, il faut tenter le coup, parce qu’on est en position d’aller chercher quelque chose d’improbable. »
Vous avez une chance de le prolonger ?
« Je me poserai en tête-à-tête avec lui. Mais c’est quelque chose, aujourd’hui, qu’on n’exclut pas. »
Aurez-vous besoin d’une grosse vente malgré tout cet été ?
« Ce n’est pas une évidence. On va se poser, on va voir. Nous, on a besoin de pérenniser notre club, c’est le plus important. Avec les droits télé en moins, on veut se dire pendant un moyen terme, sur deux ans, trois ans, qu’on peut travailler sereinement. Il faut accepter que parfois, on fera des saisons où on sera dixième, c’est comme ça. On a toujours envie de repousser nos limites, parfois ça fonctionne, comme là, où elles sont vraiment repoussées. Un jour, ça ne fonctionnera pas parce qu’il y aura plus de blessés, moins de réussite, parce qu’on se sera trompés. Mais il ne faudra pas se tromper au point qu’un club soit en péril. »
Avec le buzz sur Pagis, cela renforce mon idée que Nakamura pourrait vraiment être la bonne option, en termes de qualité/âge/prix.
D'ailleurs, si jamais Still arrivait vraiment à Lorient, et que Pagis partait, je ne serais pas surpris qu'il le fasse venir chez les Merlus. A nous de passer avant et de convaincre le Japonais. Voir ci-après, tiens...
Perso, je prèfère 1000 fois plus Saint Maximin que Pagis. ASM a un profil unique, et il est puissant, une saison complète il est capable de mettre 15 buts.
Attention quand même à la comparaison. Sarr fait la saison de sa vie à 28 ans, rien ne prouve qu’il aurait pu renouveler l’exploit l’an prochain. D’autant que sur cette fin de saison il rentre bien dans le rang.
Et un profil comme Sarr est beaucoup plus facile à remplacer qu’un Openda qui nous a fait cruellement défaut en LdC. On a eu beaucoup de difficulté à le remplacer (Levi Garcia, Akpom qui arrive mais en fait non, pour finir avec Wahi payé au prix fort).
Finalement, après avoir répété toute la saison que 2eme ou 3eme, c'était pareil. (Pas faux dans l'absolu).
Ca me tient quand même à cœur finalement, de finir à minima dauphin du Psg.
J'espère que l'on validera cette deuxième place lors de ce match!
Et après ça, focus Coupe de France!