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Son nom a résonné à la 24e minute, scandé par les 800 supporters Sang et Or venus garnir le parcage visiteur. Son maillot, brandi après chaque but, a symbolisé l’unité d’un groupe soudé autour de l’un des siens. Et à distance, Jonathan Gradit n’était pas seulement spectateur : via son smartphone, il s’est connecté en visio au vestiaire, partageant les cris de guerre d’après-match avec ses coéquipiers.
Hier, de retour chez lui après l’opération, il a livré ses premiers mots au quotidien L’Équipe, avec le ton qui lui est propre, mêlant autodérision et combativité :
« C’était magnifique, même trop, j’avais l’impression d’être mort par moments », a-t-il lancé, fidèle à son humour bien connu dans le vestiaire lensois. Avant d’ajouter, plus sérieux : « Maintenant, fini les hommages, il faut que je me remette au travail pour revenir avant la fin de saison. »

Et le message est clair : Gradit ne compte pas faire de la figuration. Les premiers diagnostics médicaux évoquent un possible retour courant avril, une échéance que le joueur a déjà en ligne de mire. « La perceuse », comme le surnomment les supporters, s’est fixé un objectif : retrouver les pelouses de Ligue 1 avant le clap de fin de la saison. Et au vu de sa détermination, difficile de parier contre lui.

Modifié par West'ier
  • 2 weeks later...
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Pierre Sage en conférence de presse : « En ce qui concerne Jonathan (Gradit), il est revenu depuis lundi, on est très content de le revoir avec nous. Il y a un bon état d’esprit de sa part. Il y a une vraie organisation autour de lui et il est très impliqué. On ouvre aussi d’autres champs pour qu’il puisse profiter de cette période pour qu’il s’ouvre à d’autres équipes, le jeu de l’équipe, l’entraînement et qu’il ne soit pas déconnecté de la vie de groupe. Il va assister à la construction de certaines séances et à l’analyse de certains matchs. C’est important pour nous qu’il comprenne les processus. C’est un élément important du système et on veut qu’il revienne avec une connexion maximale. »

  • 8 months later...
  • 1 month later...
Posté(e) (modifié)

Comment allez-vous, la trêve vous a-t-elle fait plus de bien que d’autres, alors que vous venez de retrouver la compétition ?

« Ça va, je suis en forme, je suis content. la trêve a permis non seulement à moi mais à l’équipe de travailler sereinement dans le silence et dans le calme, et de trouver des repères tous ensemble dans une animation qui va être différente. »

 

Que s’est-il passé dans votre tête, avant votre reprise au Mans ?

« Énormément d’émotions, j’ai eu l’impression de refaire mon premier match en pro, avec un peu de stress aussi, on ne va pas se le cacher, après une longue absence. Ce que j’ai traversé ça a été très compliqué. Il y a eu beaucoup de solitude. Même si le club a été extraordinaire avec moi dans l’accompagnement, et ma famille, mes proches aussi, il a fallu combattre un peu mes pensées négatives, parce qu’on a toujours des pensées négatives dans ces moments-là, on pense toujours au pire. Et c’est vrai qu’il y a eu des moments très compliqués. Il y a trois mois encore, je ne savais pas si j’allais pouvoir continuer ma carrière. J’ai eu une discussion avec le directeur sportif, il y a quatre mois aussi, sur mon avenir. Je reviens de loin, je suis très fier. Pour une fois, je suis fier de moi. Donc voilà, c’est que du plaisir maintenant. Je suis très heureux de me retrouver aussi devant vous, parce qu’encore une fois, ça paraissait tellement loin il y a quelques mois. Il faut que je profite et que je me nourris justement de ces moments compliqués, et de savourer ma fin de carrière. »

Est-ce qu’à ce moment-là, une résiliation a été évoquée, vous étiez à quel point d’arrêter ?

« C’est vrai qu’à un moment donné, je n’avais pas beaucoup d’amélioration. J’ai eu un gros passage à vide. Je me suis toujours dit que j’allais pour la fin de carrière. Je ne voulais jamais faire l’année de trop et d’avoir la lucidité de me dire que je n’étais plus capable. Je n’étais pas loin de me dire ça à un moment donné. Encore une fois, lors de la remise du trophée de la Coupe de France, je boitais encore. C’est vrai qu’il y a eu un déclic. Il a fallu être fort mentalement. J’ai eu un déclic cet été. Cela m’a fait du bien. J’ai senti de l’amélioration. Encore une fois, je suis vraiment très heureux de cette issue. Je pensais sincèrement n’être pas loin de ma fin de carrière. Je tiens à souvenir l’importance qu’ont eue Benjamin Parrot et Jean-Louis Leca dans ce fonctionnement. Ils ont toujours été là pour moi. Ils ont essayé de me motiver et de me dire que j’allais y arriver. Cela remonte bien à l’esprit familial de ce club. »

Comment vivez-vous la concurrence après une si longue absence où les jeunes ont émergé ?

« Déjà, je tiens à dire que j’ai toujours été confronté à de la concurrence. Même quand je suis arrivé ici, je me rappelle qu’il y avait Radovanovic, Steven Fortes… J’y ai toujours été confronté. On m’a, entre guillemets, sur le papier jamais mis titulaire. J’ai toujours réussi à surpasser tout ça. Encore une fois, la concurrence fait partie du jeu. Ce sont des joueurs de très haute qualité. Vous me connaissez un petit peu mentalement. À partir du moment où je suis revenu, c’est pour embêter tout le monde. C’est pour poser des problèmes aux coachs. Malgré tout ça, le fait d’avoir vécu énormément de choses, ça m’a fait prendre du recul sur la situation, en me disant qu’il y avait des choses bien plus graves que de ne pas jouer un match de foot. Il faut positiver. C’est une leçon de vie, ce que j’ai vécu, je vois les choses vraiment différemment. Comptez sur moi quand je porterai ce maillot pour tout donner. »

https://www.lavoixdunord.fr/1744061/article/2026-10-07/lens-lyon-il-y-trois-mois-encore-je-ne-savais-pas-si-j-allais-continuer-ma

Modifié par DamieN62
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il y a 6 minutes, DamieN62 a dit :

https://www.lavoixdunord.fr/1745393/article/2026-10-12/rc-lens-l-impression-que-tout-s-ecroulait-blessure-doutes-retour-au-terrain

Quelqu'un pourrait-il poster l'interview ? Apparemment on apprend que c'est bien Ojediran qui lui a cassé la jambe.

Ca doit être une erreur non? Guilavogui lui même avait parlé du fait que c’était lui … non? 
 

(ça a cela dit aucune importance, c’était un accident).

Modifié par karldu91
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il y a 34 minutes, karldu91 a dit :

Ca doit être une erreur non? Guilavogui lui même avait parlé du fait que c’était lui … non? 
 

(ça a cela dit aucune importance, c’était un accident).

On sait juste que c'est un joueur parti pendant l'hiver.

Posté(e) (modifié)
Le 13/10/2026 à 15:54, DamieN62 a dit :

https://www.lavoixdunord.fr/1745393/article/2026-10-12/rc-lens-l-impression-que-tout-s-ecroulait-blessure-doutes-retour-au-terrain

Quelqu'un pourrait-il poster l'interview ? Apparemment on apprend que c'est bien Ojediran qui lui a cassé la jambe.

La petite musique de la Ligue des champions va résonner, ce mardi, à Bollaert, avez-vous douté de l’entendre à nouveau ?

« Bien sûr. Il y a eu beaucoup de doutes durant cette blessure. On voit un peu tout en noir… On voit la Ligue des champions qui se profile, et surtout le championnat aussi, le plaisir de l’entraînement, le plaisir des matchs et on a l’impression que tout va s’écrouler, que le monde va s’écrouler, ça va être d’autant plus émouvant pour moi. Quand j’ai rejoué au Mans (13 septembre) c‘était déjà quasiment la même émotion que mon premier match en professionnel. Ça peut paraître fou mais je me suis dit “ça y est, tu es reparti, savoure”. Quand je suis rentré sur le terrain, j’avais les larmes aux yeux. Après 300 matchs en professionnel, c’est quand même incroyable, c’est beau. C’est comme une chance de connaître ça à nouveau. On a tendance à être dans une bulle quand on est footballeur, et à trouver ça normal de jouer des matchs devant tant de personnes, de s’entraîner ; ça ne l’est pas. On a le plus beau métier du monde mais on rentre dans une forme de “lassitude” qu’on ne devrait pas ressentir. C’est quand on ne l’a plus entre les pieds qu’on se rend compte qu’on a beaucoup de chance. »

Comment ça s’est passé au Mans ? Avez-vous cogité dans le vestiaire, quand vous arrivez sur la pelouse ou êtes-vous arrivé à rentrer dans votre match ?

« Non, en fait, j’écarte l’antécédent de la blessure. C’est plus de l’adrénaline que j’ai perdue depuis un an, et un peu de stress. On se dit “est-ce qu’on va être au niveau ?” On sait comment ça fonctionne : c’était mieux avant, est-ce qu’il va revenir à son niveau ou est-ce fini ? On se pose toutes ces questions, ça fait partie du jeu. Et quand on est dans le match, bizarrement – même si on n’a pas fait un grand match – je me libère individuellement. J’essaie de faire des choses très simples. Et je retrouve du plaisir bien que le contenu ne soit pas bon. Je savoure plus le moment qu’autre chose. »

Vous aviez joué un match avec la réserve avant, mais sur les premiers contacts, le premier moment où il faut « mettre le pied », aviez-vous vraiment évacué cet antécédent de la blessure ?

« En fait, j’ai eu beaucoup de cours avec une préparatrice mentale, ça m’a beaucoup aidé. Elle m’avait donné quelques billes. Ça a fonctionné, je n’y ai même pas pensé à ce moment. En revanche, ça m’était arrivé quand j’ai repris avec le groupe, lors du stage à Côme. Et là pour le coup, je ne faisais qu’y penser. Je me dis “c’est bon, tu ne boites plus, mais par contre maintenant, attention, les premiers coups, les premiers duels…” Ça m’a un peu traumatisé. Donc j’ai demandé à voir la préparatrice mentale. L’idée, c’était de retenir surtout le positif. On a tendance, l’humain, à voir tout en noir et à retenir le négatif. Il s’agissait surtout d’écarter ces côtés-là. »

Comment vous sentez-vous physiquement ? Vos sensations par rapport à avant la blessure ?

« C’est dur de comparer, sincèrement. Au départ, les sensations, c’est crescendo. Le match avec la réserve, physiquement, c’était plus compliqué. Mes premiers repères, les ballons longs. Je me souviens d’un ballon long d’un gardien, j‘avais l’impression de débuter. Ce sont des repères dans l’espace, sur le terrain, avec les coéquipiers. Et au fil du temps, de ce match-là, des entraînements, l’accumulation de la compétition, je me libère de plus en plus. Physiquement, bien sûr que je ne suis pas encore à 100 %. Mais franchement, je suis surpris de mon état actuel par rapport aux conséquences de cette blessure traumatisante. »

Vos partenaires ont beaucoup dit à quel point votre blessure à l’entraînement, le 28 novembre 2025, les avait traumatisés, des images, des sons vous ont-ils « hanté » ?

« C’est un peu ça. Les premiers mois ont été très compliqués, parce que c’est arrivé brusquement. Et ce sont des blessures traumatisantes. Il y a l’aspect visuel, votre jambe est quasiment à l’envers et tout le climat qui régnait autour. Il faisait très froid. Il y avait plein de monde sur le terrain. Moi, j’étais écroulé par terre. On a dû m’endormir parce que la souffrance était au-delà d’être supportée. Le bruit a aussi traumatisé tout le monde. Moi, ça me réveillait même la nuit au départ. J‘ai dû, au fil du temps, essayer de l’effacer. C’est resté pendant un long moment en moi. Et puis même dans le quotidien, on est moins agréable quand on ne fait pas ce qu’on aime. On est frustré. Donc ça a été une période compliquée. »

Votre femme, vos enfants ont été au soutien mais leur avez-vous fait passer un peu de cette frustration ?

« J’ai essayé d’être positif un maximum à la maison. Mais quand on ne fait pas ce qu’on aime depuis tout petit, c’est difficile d’être soi-même. D’autant plus qu’on réalisait une saison extraordinaire. Ça se passait super bien, je me blesse la veille d’Angers et on est premiers. Après, il y a tout ce qui se passe derrière avec la Coupe de France, le championnat… On a participé mais on aurait aimé être sur le terrain. Cette finale, je l’ai vue de la tribune, c’était extraordinaire, un moment unique, le meilleur souvenir de ma carrière mais en même temps c’est un regret qui restera. C’est très étrange. Heureusement que ma femme et mes enfants ont été très patients avec moi. Mon entourage aussi. J’ai la chance d’être apprécié dans la région, tous les gens que vous côtoyez vous demandent alors, tu reprends quand ? Ils veulent bien faire mais mentalement, c’est ce qui m’a le plus usé, ça me rongeait. Et me créait encore plus de frustration parce que je n’avais aucune réponse à leur apporter. »

À quel point vous êtes-vous senti loin du vestiaire en étant blessé ?

« C’est une très bonne question. En fait, on a voulu me rapprocher un maximum, j’ai la chance d’être apprécié au sein du vestiaire, du staff, notamment le coach qui avait voulu que je participe aux séances vidéo. Mais malgré tout ça et bien que les joueurs essaient de vous intégrer un maximum, vous n’êtes pas sur le terrain. Vous vivez les choses mais complètement différemment. Quand je voyais les victoires, j’aurais aimé être avec les copains pour partager ça, mais ce n’est pas facile. Par la force des choses, vous êtes un peu à l’écart : vous ne faites pas les déplacements, les mises au vert… Un club de foot, une équipe, ça fonctionne comme ça, ça crée des liens. Et encore une fois, je n’ai vraiment pas à me plaindre. Je me souviens de Jimmy Cabot, il mangeait avec nous à table et était souvent avec nous. Par moments, on ne le voyait pas bien. Nous, on était en pleine possession de nos moyens ; on jouait et on ne faisait que gagner, c’était la belle époque. Je le voyais faire un peu la gueule et je ne le comprenais pas forcément. Mais maintenant avec du recul, avec ce que j’ai vécu, je comprends. Malheureusement pour lui, il n’a pas pu retrouver le chemin des terrains. Et tout dépend aussi de votre caractère Je suis quelqu’un de joyeux dans le vestiaire, qui fait toujours le “con”, je me forçais pour garder cette image, c’était important, mais je peux comprendre que pour quelqu’un au caractère plus discret, ça soit plus compliqué. »

Vous considérez que la Coupe de France est complètement à votre palmarès ?

« C‘est vraiment très étrange parce que je l’ai vécu comme si j’avais participé à la finale alors que non. Mais je l’ai vécue comme une consécration du club sur ces dernières saisons et je pense que j’ai contribué à ma manière, à mon humble investissement. Donc je l’ai vécu comme une récompense de tout ce qu’on avait pu vivre et partager ensemble. Ça a été beaucoup de fierté, nos noms resteront gravés sur ce palmarès de cette coupe et sur l’histoire de ce club. Et le coach avait décidé – c’est un geste qui m’a marqué aussi – avec l’accord de la direction que je participe et que je soulève la coupe avec les capitaines, ça qui m’a marqué. Je n’aime pas trop être mis sur le devant de la scène, l‘ombre me va bien mais j’avoue que ça m’a fait chaud au cœur de pouvoir la soulever avec l’équipe à ce moment-là sur la récompense. Je ne l’aurais jamais demandé mais ça a été une démarche du club encore une fois touchante. »

Vous avez eu une discussion avec Jean-Louis Leca, le directeur sportif, il y a 4 mois. Qui l’avait provoquée ? L’idée c’était on continue ou on arrête ?

« Oui, ça s’est fait naturellement. Le fait d’être écarté du groupe, Ben Parrot (le DG) et Jean-Louis m’ont pris un peu entre leurs mains et j’ai partagé beaucoup de choses avec eux, j’étais aux matchs avec eux, ça a été aussi un apprentissage sur cet aspect-là. Jean-Louis m’appelait de temps en temps et, un jour, j’ai eu le besoin de lui dire ce que je pensais. J’ai eu un gros passage à vide, je pensais franchement n’être pas loin de ma fin de carrière. J’étais en pleine période de doute, et je me suis toujours dit depuis le début de ma carrière, quand je voyais des anciens faire l’année de trop, qu’il faudrait que j’aie la lucidité d’arrêter au bon moment parce que je n’ai pas envie d’avoir un mauvais regard sur moi, je veux laisser une bonne image jusqu’au bout. Et c’est cette sensation que j’ai eue. Je boitais, je ne voyais pas d’amélioration, pas d’issue. Je me suis demandé si ce ne serait pas la meilleure solution de finir comme ça. J’ai dit au directeur sportif “il va falloir se poser les bonnes questions, est-ce que ce n’est pas le bon moment pour moi d’arrêter parce que je ne veux pas persister, toucher mon argent pendant un an et demi si c’est pour être à la salle de soins et ne rien faire”. C’était inenvisageable pour moi. Et lui a eu les bons mots, les bons conseils. Puis il y a eu un déclic inattendu. »

Lequel ?

« Les vacances, rentrer chez moi, ça m’a fait du bien alors que pour le coup, je n’avais pas fait grand-chose durant les 6 derniers mois. J‘ai aussi côtoyé un préparateur mental et physique à Bordeaux et on est reparti complètement de zéro, je faisais des jongles, des trucs qui paraissaient tellement banals avant. Et au final, c’est passé, étape par étape. Quand je suis revenu ici, ce n’était pas la meilleure des formes mais je voyais un peu d’amélioration et, pour moi c’était énorme. Je voyais un peu le bout du tunnel et j’ai continué, jusqu’à ce que je voie des améliorations de jour en jour. J‘ai senti qu’il y avait un peu d’espoir et dans mon comportement, mon caractère, quand il y a un peu de lumière, il faut y croire jusqu’au bout. J‘y ai cru et voilà, l’histoire se termine bien mais elle aurait pu se terminer autrement. Ces gros moments de doute m’ont vraiment appris sur la vie tout simplement. J‘ai eu d’autres coups durs, un staphylocoque à 18 ans, et ça m’avait servi. Mais celui-là a été vraiment très dur. C‘est d’être dans ce club-là qui fait que tout prend des proportions énormes. Je n’aurais pas été épanoui, je n’aurais pas eu d’amour pour le RC Lens, peut-être que j’aurais été égoïste en me disant reste comme ça, ne fais pas d’efforts. Mais là c’était soit j’arrête parce que je n’ai pas envie de profiter du club dans ces circonstances, soit je continue mais par contre il faut absolument que tu reportes ce maillot et ne pas laisser une image de toi blessé. »

Vous évoquiez un staphylocoque, c’était une infection au pied, avec hospitalisation d’urgence et un an après Bordeaux ne vous avait pas proposé de contrat pro et vous étiez reparti en amateurs en CFA, à Bayonne. Vous vous êtes construit dans ces épreuves ? « Ce qui est marrant c’est que j’ai eu une grosse leçon de vie en début de carrière, une grosse sur la fin et les deux m’ont servi énormément. La première, quand on est jeune on est un peu dans une bulle, on est un peu inconscient on est à nos petits soins etc. Et là, il faut repartir à Bayonne en CFA où là on apprend la vie réellement, la vie de tout le monde. Ça m’a fait gagner en humilité et en vision des choses, tu te dis que tout peut arriver dans la vie. Durant ma carrière quand tout se passait bien que je vivais des moments extraordinaires, je me rappelais toujours que j’avais eu des moments compliqués et qu’à tout moment ça pouvait revenir et ça m’a servi pour cette deuxième étape. Et là c’est pareil, ça va bien mais maintenant pense à ces moments compliqués pour avancer, pour profiter des choses et des moments présents. »

Le déclic, c’est vraiment le mental qui a joué sur le physique ? « Il y a eu ça et il y a eu des choses assez drôles aussi. Pas mal de personnes pensaient que j’allais arrêter, je sentais aussi dans le regard de certains en bord de terrain “bon, il ne pourra pas” et ça m’a donné une force supplémentaire : je sais ce que tu penses mais je vais te prouver le contraire. Plus ça avançait, et plus ça me forgeait. J’essayais de venir un maximum seul à l’entraînement, même le préparateur physique ne le savait pas. J’essayais de courir, je boitais, je me filmais, je revenais, je me disais “ce n’est pas possible”… Seule ma femme savait tout ça. J‘aurais eu la lucidité d’arrêter mais malgré tout, j’aurais eu une frustration en moi pour toujours de ne pas pouvoir finir avec ce maillot-là avec tout ce qui s’est passé dans ce club, tout ce qu’il m’a donné ; ça aurait été un échec. Donc c’était vraiment une grande fierté de pouvoir reporter ce maillot contre Le Mans. »

En voulez-vous à celui qui vous a blessé ?

« En fait, c’est moi qui ai déconné dans la situation. C‘est un truc tout bête, j’avais de la frustration dans l’entraînement. Je suis un très mauvais joueur, un gagneur, et j’ai eu une mauvaise réaction. C’est moi qui ne dois pas aller dans le duel et j’y vais. Après, il se passe ce qu’il se passe et je ne peux en aucun cas lui en vouloir, je n’ai pas de rancœur. Le soir même, il m’avait envoyé un message et je lui avais répondu. Je le prends comme une leçon de vie. »

Psychologiquement, vous avez connu beaucoup de hauts et de bas, comment on retrouve le haut ?

« Quand on voit un peu d’amélioration, le moral remonte mais il y a eu beaucoup de bas… Beaucoup de solitude. J‘ai toujours été très fort mentalement et j’aime bien vivre seul, et mon caractère fait que j’arrive à avancer. Mais, là, très sincèrement, le fait d’être seul, par moments, c’était dur de trouver des côtés positifs. Quand on n’arrive pas à passer certaines séances par exemple avec le préparateur physique et qu’on doit repartir à zéro derrière, c’est très compliqué. Tout le monde a la même version sur une longue blessure : c’est compliqué mentalement c’est long, on est seul mais quand on le vit, c’est vraiment le cas. »

Avez-vous appréhendé certaines de ces séances ou certains rendez-vous avec le chirurgien ?

« Au début, avec le chirurgien, il y a eu un délai annoncé de 4 mois. Dans ma tête, vous me connaissez, j’étais parti sur 3 mois et demi, 4 mois et ça a été mon erreur de penser comme ça. Je me suis rendu compte que je n’avais pas une blessure à la clavicule ou l’ischio-jambier, c’était vraiment bien plus grave. Et c’est la nature, votre os doit consolider et à partir du moment où il ne consolide pas vous devez attendre, vous ne pouvez pas courir, c’est comme ça. Ça s’est bien passé avec le chirurgien mais un sportif de haut niveau n’a rien à voir avec une personne lambda. Il y avait des délais pour des personnes lambda pour remarcher. Mais marcher, je m’en foutais, je voulais recourir, je voulais être sur le terrain. Entre ça et marcher, il y avait un fossé. Ça, ça a été dur : pour lui il y avait de l’amélioration mais pour moi pas assez. »

Vous mettez un but contre votre camp à Monaco (2-1), alors que vous faisiez une bonne entrée, vous en relevez-vous plus vite désormais ?

« On relativise beaucoup plus facilement. J‘étais content de ma rentrée après il y a un fait de jeu qui fait que ça se passe, c’est comme ça mais encore une fois il y a des choses bien plus graves dans la vie. La frustration on la garde et je la garderai parce que je suis quand même un compétiteur. Je le vois même à l’entraînement, parfois, je me dis “putain, t’es ridicule de gueuler, t’es encore ridicule de prendre le truc comme ça avec tout ce que t’as vécu”. Mais c’est comme ça, c’est moi, ce côté compétiteur, je le garderai toute ma vie. En revanche j’aurai beaucoup plus de recul sur certaines choses et je vais mettre moins de temps pour évacuer. »

Modifié par West'ier

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