Jump to content

[11] Jonathan Clauss


Recommended Posts

  • 3 months later...

RC Lens : « Je ne changerai pas de statut », assure Jonathan Clauss

Le piston droit du Racing est devenu, en un an, une valeur sûre d’une Ligue 1 qu’il découvrait. À 29 ans, pro depuis quatre ans seulement, le Strasbourgeois revient sur un parcours peu ordinaire tout en zigzags et conviction.

Jonathan, comment s’est passé le stage ? Le groupe a-t-il retrouvé ses repères ?

« En se retrouvant tous ensemble, en dehors de chez nous, à profiter des choses hors terrain, on apprend à connaître plus vite les gens. L’ambiance est incroyable, on s’amuse bien. C’est comme si les nouveaux avaient toujours été là. On a gardé quasiment tout le monde, ça ne peut que continuer à bien se passer. On n’a pas eu de problèmes l’an dernier, je ne vois pas pourquoi on en aurait cette année. »

Le groupe aborde-t-il la saison différemment avec plus d’assurance, de certitudes ?

« Pour le moment, on aborde surtout le travail. Pour la saison, c’est un peu tôt. Mais on ne part pas de zéro comme l’an dernier où c’était un tout nouveau groupe. On a déjà nos bases, c’est hyper important, c’est plus facile de travailler dessus que de devoir les construire. On est un peu en avance tactiquement. »

Il y a un an, vous débarquiez dans un club promu pour votre première saison de Ligue 1, vous êtes désormais un joueur cadre. Sentez-vous une différence ?

« Non. Qu’on me considère comme un titulaire aujourd’hui ou pas, c’est à moi de le prouver sur le terrain, ça s’arrête là. Si je suis bon, je jouerai, sinon, je ne jouerai pas. Je ne veux surtout pas avoir cette image de cadre qu’il faut respecter parce qu’il fait partie des têtes de l’équipe, ça ne bougera pas. Je suis toujours accueillant avec les gens, souriant avec tout le monde. J’aime bien être avec les jeunes, car ils ont parfois aussi besoin de sentir qu’ils ont le soutien d’au-dessus. Je ne changerai pas de statut. »

Piston, c’est le poste qui colle à votre profil ?

« Oui, j’ai été formé ailier, puis je suis passé latéral et redevenu ailier. J’ai toujours alterné sur les deux postes. Au final, je suis entre les deux, et c’est parfait pour moi. J’avais fait une saison comme ça à Avranches. C’est là que je me sens le mieux : je ne suis pas un vrai latéral défensivement, mes qualités sont plus offensives que défensives. Ça me permet d’être suffisamment bon en défense avec Jonathan Gradit qui compense souvent car il comprend mon jeu. Je préfère défendre en avançant que subir. Plus j’avance, mieux je me porte et plus je suis performant. »

Vous avez été élu dans l’équipe type de la Ligue 1. Avec le recul, vous sentiez-vous capable de vous imposer à ce point ?

« En arrivant au club, je voulais d’abord essayer d’être titulaire, puis quand je l’ai été, le rester. Et pour le rester, il faut être bon. Je ne pensais peut-être pas à ce point-là. Mais je savais que si je venais, c’est parce que je voulais jouer. Et si je voulais jouer, il fallait que je prouve que j’étais bon. Il a fallu bien travailler et aussi avoir confiance et ça, j’en ai pris pas mal aussi parce que le groupe me l’a permis. Le premier match à Lorient, j’étais stressé comme en 16 ans nationaux ! Je me suis mis une énorme pression. J’avais eu la période Covid, j’étais arrivé un peu en retard, j’avais l’impression de ne pas être intégré complètement. La meilleure façon de l’être, c’était d’être très bon sur le terrain. Après, c’est allé mieux. Le regard du groupe est important. Si au moins sur le terrain, on est bon, c’est plus facile de s’intégrer et de parler de choses plus personnelles. »

Vous avez signé votre premier contrat pro en 2017 seulement, à Quevilly (Ligue 2), bossé de nuit, été étudiant en STAPS, joué en D6 allemande (à Linx). Mesurez-vous le chemin parcouru ?

« Non, pour l’instant, je ne mesure rien parce qu’au fond de moi, j’ai toujours voulu ça. La progression est incroyable mais je me suis toujours dit que c’était là ou rien du tout. Ce n’est pas un aboutissement, je mesurerai vraiment en fin de carrière. »

Quand vous jouiez en D6 allemande, vous vous imaginiez en Ligue 1 ?

« Je me suis dit à mon niveau si j’ai une chance, il faut que je la saisisse mais je ne me suis pas imaginé arriver en Ligue 1 et prouver que j’étais capable d’y jouer. Il a fallu un concours de circonstances monstre, beaucoup de chance, un peu de talent mais plus de chance que de talent. J’ai pu prouver à chaque niveau que je pouvais jouer et en ayant été un peu meilleur que les autres à chaque fois à mon poste, attirer l’œil d’un club au-dessus. Je ne me posais pas la question de savoir si j’allais finir pro mais j’ai pris toutes les étapes que je pouvais. »

Ne pas avoir été conservé au centre de formation de Strasbourg ne vous avait pas fait renoncer ?

« Je me suis très longtemps dit que c’était fini pour moi. J’ai fait des essais à droite à gauche, ça n’a pas marché, je voulais arrêter. J’ai signé dans un club proche (Vauban Strasbourg, en Régional 1), parce que ça me facilitait le trajet pour aller à la fac, c’était tout. Le foot, c’était du loisir pur et dur, très secondaire. Je ne m’empêchais ni de sortir, ni d’aller boire avec mes potes. Peu importe l’heure à laquelle je rentrais même si j’avais match le lendemain. »

Comment est-ce revenu ?

« Lors de ma troisième saison à Linx, un coach m’a fait faire un essai en Bundesliga avec Hoffenheim mais j’avais déjà 21 ou 22 ans, je n’ai pas pu signer en jeunes et, pour les pros, la marche était trop grande. Mais là, je me suis dit, si je n’ai pas été ridicule, pourquoi pas ? Après le CFA 2 (ex-N3 à Raon-l’Étape), c’était le moment de me faire voir en France, j’ai fait une bonne saison. Ensuite, concours de circonstances, Cheick Traoré quittait Avranches (National) qui, du coup, cherchait un latéral droit, ça s’est fait comme ça. Bielefeld (D2 allemande), après Quevilly, pareil. Je ne voulais pas rejouer en National. J’ai attendu, je n’avais pas de club. On m’a envoyé en Biélorussie, une semaine à l’essai au Dinamo Brest… Mes agents me faisaient miroiter des choses et puis finalement rien. Tous les clubs ont repris, j’étais chez moi. Là, le latéral droit de Bielefeld se blesse, on me demande de venir du jour au lendemain, à l’essai une semaine. Je signe. Le week-end d’après, j’étais titulaire. C’était incroyable. »

Avez-vous conscience que votre parcours est très différent de celui de beaucoup de pros ?

« Je sais que j’ai un parcours différent mais j’en suis très content, ça m’a permis de grandir différemment. Je suis très fier aussi de mon évolution. C’est ce qui parfois fait ma force. Je ne m’attendais tellement pas à être là que tout ce que j’ai, j’en profite à 300 % comme si ça ne devait plus se reproduire. »

Vous mettez-vous des limites ?

« Non, ça passe ou ça casse. Si j’ai l’opportunité de prouver encore et encore je le ferai, si je peux grimper, je le ferai. Je ne me ferme pas de portes. Je ne néglige pas Lens, au contraire, en disant que je veux absolument partir. Pas du tout. Mais si un club qui joue la Ligue des champions me porte un intérêt, je serai obligé d’y réfléchir forcément. »

Vous avez l’air épanoui à Lens…

« J’ai l’impression d’être chez moi. C’est incroyable, les gens sont souriants. On peut rigoler quand on veut, le coach ne nous prend jamais la tête. Quand il a des choses à dire, c’est très carré. Quand on prend une remarque, derrière, on a une discussion. Il est très ouvert. Même avec les autres joueurs, on peut s’engueuler sur le terrain pendant une heure parce qu’on subit, qu’on est nerveux, et on rentre au vestiaire, on rigole. C’est très mature, je trouve »

Votre valeur marchande a doublé, comment le prenez-vous ? C’est une forme de satisfaction ?

« Je ne pourrai même pas répondre… J’ai vu ça, tout le monde me l’a dit. Je prends beaucoup de distance par rapport à ça, ce ne sont que des chiffres. C’est cool mais je ne dis pas : " Je vaux 8 millions, respectez-moi ". Mais c’est dingue quand même ! À Bielefeld, je valais 200 000 euros et je me disais déjà quand même c’est incroyable. Pendant les vacances, j’ai fait une petite remarque à ma copine : " Regarde quand même à qui tu parles " (rires). Pour elle, et les gens autour de moi, ça ne change rien du tout. »

Avez-vous eu des sollicitations pour partir ?

« Les rumeurs sont énormes (l’Inter Milan a été évoqué, Everton dernièrement). J’ai toujours été clair avec tout le monde, tant que je n’ai pas de contrat sur table, je n’y porte pas d’intérêt car ça me sortirait de mon truc. Ce serait le meilleur moyen de me perdre. Le jour où il y a vraiment quelque chose à discuter, il y a le directeur sportif, le président, ceux qui m’entourent. Je suis focalisé stage, préparation. Si demain il doit y avoir discussion, il y aura. Mais il n’y en a pas eu jusqu’à maintenant. Partir pour partir ou juste pour arrondir mon compte en banque ne m’intéresse pas. Je ne m’attendais déjà tellement pas à ça, à Lens. J’ai envie de jouer, pas de dire je joue dans tel club, la Ligue des champions mais sur 35 journées, je suis 30 fois sur le banc. »

https://www.lavoixdunord.fr/1046608/article/2021-07-19/rc-lens-je-ne-changerai-pas-de-statut-assure-jonathan-clauss

Link to post
Share on other sites

Partir pour partir ou juste pour arrondir mon compte en banque ne m’intéresse pas.

Bon ben voilà, y en a encore qui pense qu'avec "son âge", il cherchera à se faire un dernier contrat juteux. Il est clair qu'il veut se stabiliser et jouer

Link to post
Share on other sites
  • 1 month later...
il y a 19 minutes, Amaury a dit :

Il est plaisant en ITW, il ne se pose pas de questions et répond du tac au tac, j'aime beaucoup.

Franchement, l'avantage c'est qu'au niveau "confiance" il est en feu, encore plus s'il est conscient qu'on parle de lui en EDF. Il est "obligé" d'enchainer

 

Link to post
Share on other sites

Join the conversation

You can post now and register later. If you have an account, sign in now to post with your account.

Guest
Reply to this topic...

×   Pasted as rich text.   Paste as plain text instead

  Only 75 emoji are allowed.

×   Your link has been automatically embedded.   Display as a link instead

×   Your previous content has been restored.   Clear editor

×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.

Loading...
×
×
  • Create New...