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Interview d'Eric Sikora


Teddy
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Exclusivité MadeInLens : Eric Sikora : « Rien n'est facile »

Jeudi, 29 Janvier 2009 16:31

 

Joueur emblématique du Racing Club de Lens, celui que tout le monde surnomme « Captain Siko » a accordé une longue interview en exclusivité pour MadeInLens, dans laquelle il nous parle de l’équipe pro mais également de la coupe Gambardella, ainsi que des difficultés pour les jeunes à jouer en équipe première.

 

1) L'équipe première :

 

- Eric, quel regard portes-tu sur les résultats de l’équipe première du club, leader avec cinq points d’avance ?

- C’est vrai que, sur les derniers matchs, c’était un peu compliqué, un peu difficile avec des victoires à l’arrachée, un peu à l’image du dernier match, où on pense que nous sommes à l’abri, que le match est plié en menant deux à zéro et, derrière, on se fait peur tout seul. C’est ça qui est dommage. Depuis un moment, on se procure pas mal d’occasions mais on a du mal à complètement débloquer les rencontres. Comme derrière, on tombe aussi sur des équipes qui sont bien regroupées, qui, comme souvent en plus, arrivent à marquer sur leur première occasion, cela nous met forcément dans des situations plus compliquées. Maintenant, on est toujours premiers avec cinq points d’avance. Même si on a pas mal de blessés, nous sommes toujours premiers et c’est aux autres de nous courir après. Mentalement, on doit se dire que l’on doit jouer, que l’on a notre destin en mains. On doit se donner à fond jusqu’au bout. Si c’est le cas, on y sera. C’est aux autres maintenant à faire un sacré bon parcours pour finir dans les trois premiers.

 

- Cela restera de toute façon des rencontres très compliquées pour le Racing et jusqu’au bout.

- Bien sûr. Aucun match ne sera facile. Là, on va à Châteauroux, une équipe qui joue pour ne pas descendre, tout comme Nîmes. Forcément, il n’y aura pas de matchs faciles car elles vont vendre chèrement leur peau. En plus, elles voudront faire tomber le leader. A nous maintenant d’être costaud et de ne pas avoir peur de tenter des choses, parce qu’il n’y a rien de pire pour un footballeur que de rentrer sur le terrain et d’être timoré, de jouer sur la pointe des pieds parce qu'on n'ose pas. Dans le football, il n' y a pas de secret : si on veut des résultats, il faut oser, aller de l’avant. Or, parfois, ce n’est pas ce qu’on ressent : on sent parfois qu’il y a une petite peur de se livrer totalement et de se faire contrer.

 

2) La Coupe Gambardella :

 

- Eric, on en vient aux jeunes du club, qui obtiennent de très bon résultats. Tu dois être satisfait.

- C’est vrai, même si on reste sur un résultat nul 2-2 à Wasquehal, qui n’est pas forcément un mauvais résultat puisque c’était une rencontre à l’extérieur. Mais je pense que l’on pouvait faire beaucoup mieux car on avait la possibilité de se mettre à l’abri avant la fin de la première mi-temps, surtout que l’on s’était procuré trois très belles occasions. Cela aurait pu faire 0-3, ou plutôt 1-3 parce que Wasquehal aussi s’était procuré une belle occasion mais, là, notre gardien a su s’en sortir formidablement bien. Dommage que l’on ait perdu des points là-bas mais, en même temps, on était mené 2-1 à la 90e minute et on a quand même su trouver les ressources morales pour égaliser dans les arrêts de jeu. Cela prouve donc aussi que ce groupe a de la qualité à ce niveau-là. Maintenant, il y a la Gambardella qui arrive et nous avons de très belles choses à faire sur ces deux tableaux que sont le championnat et la coupe. Bien sûr, cette coupe, il va falloir la jouer et ne pas avoir peur parce que, la saison dernière, on se fait éliminer chez nous par Amiens aux penalties alors que tout le monde nous voyait gagnant. Seulement, un match de foot reste un match de foot : il faut respecter l’adversaire, il faut jouer, il faut tenter mais ne pas avoir peur, ni se mettre une pression inutile et, quand on fait tout ça, généralement, on est récompensé. On a un groupe de bosseurs, on a pas de tordus : ce sont des jeunes et, après, il faut aussi le comprendre. Je pense vraiment que l’on peut faire de bonnes choses. Maintenant, à eux aussi et au quotidien de nous le montrer.

 

- Vu la qualité de cette équipe, la Gambardella, est-ce un véritable objectif pour vous cette saison ?

- Oui, mais comme tous les ans. Je ne pense pas que ce soit que cette année. Vous savez, c’est comme en pro : le championnat, c’est une chose et la coupe en est une autre. On sait qu’au bout, il y a la finale qui se joue en lever de rideaux de la Coupe de France. Donc forcément, c’est intéressant. Cela permet aussi de vivre une aventure qui est différente de celle du championnat parce que, quelque part, on se dit aussi qu'il n’y a pas de séance de rattrapage : soit on passe, soit on reste à la maison. Forcément, c’est hyper intéressant pour eux.

 

- Est-ce une compétition que tu aimais bien lorsque tu jouais en jeunes ?

- Oui, parce que la coupe, c’est "à la vie à la mort" : tu donnes tout et tu passes, ou tu ne joues pas à fond et tu repars à la maison et tu attends la saison d’après pour la rejouer. Seulement, la Gambardella, tu n’as que deux ans pour la gagner. D’ailleurs, certains vont la jouer pour la dernière fois. Forcément, cela peut-être un gros objectif pour eux. Après, il ne faut pas non plus que cela les perturbe ou que cela les fasse déjouer. On a quand même un groupe solide : pas mal d’entre eux ont joué en CFA et ont donc un peu d’expérience et de vécu, parce qu'en CFA, ce sont quand même des hommes avec des duels âpres et difficiles. Ca peut être intéressant pour nous.

 

- La CFA, les jeunes et les pros :

 

- Eric, on va justement passer à la CFA. Elle a très bien commencé et, là, c’est un peu plus difficile. Comment expliques-tu cela ? Par le fait que, justement, il y ait un manque d'expérience des jeunes à ce niveau ?

- Vous savez, c’est un peu compliqué en CFA. On a commencé avec des jeunes et on a eu des résultats. Après, il y a eu des pros qui sont redescendus, des blessés. Parfois, on n'avait pas un effectif complet non plus. Il faut aussi assimiler le nouveau schéma tactique et cela ne se fait pas comme ça, du jour au lendemain. Or, la CFA, c’est un championnat qui est costaud. Maintenant, il y aussi le fait que toutes les équipes ont de très bon joueurs, contrairement à avant. Beaucoup sont des joueurs qui n’ont pas réussi en pro, ce qui fait qu’il y a beaucoup de joueurs qui ont fait les centres de formation et qui ont beaucoup de qualités. Voilà pourquoi le championnat CFA est un championnat très compliqué et difficile.

 

- Le fait que l’effectif pro soit assez lourd et conséquent, cela joue-t-il aussi sur le fait que les jeunes aient plus de mal à intégrer le groupe pro ?

- Oui. Après, je sais pas comment Jean Guy et le staff technique gèrent ça, mais c’est vrai qu’il y a un effectif assez pléthorique. Maintenant, si un jeune mérite de jouer à la place d’un pro, à moins d’être con ou bête, on le prend dans l’équipe. Or là, je ne pense pas que cela soit le cas. Il y a quand même des jeunes comme William (Rémy), Nolan (Roux), Camille ou encore Monrose qui ont intégré le groupe pro. C’est donc la preuve qu’il y a de la qualité ces chez jeunes. Après, il y aussi la montée qu’il faut jouer : il ne faut donc pas non plus faire n’importe quoi. Pour en revenir à la CFA, il y a effectivement des pros qui redescendent. Après, est-ce qu’ils ont la motivation nécessaire ? C’est vrai que c’est un paramètre qui peut expliquer le pourquoi de ces résultats en dents de scie. Il est vrai que c’est compliqué quand vous travaillez toute la semaine avec un groupe et que, le samedi, on vous dit : « Voilà, il y a cinq pros qui redescendent. » Pour les gamins aussi, c’est dur parce que, dans leur tête, ils ne comprennent pas trop. Mais c’est comme ça, c’est le football. Tout est différent maintenant, tout a changé tout comme les mentalités. A notre époque, on redescendait mais on jouait et sans rien dire. Or, maintenant, quand on dit a un pro : "tu redescends en CFA", il y a la petite blessure ou on dit carrément que l’on n'a pas envie. Et quand on oblige un joueur à aller jouer alors qu’il n’a pas envie, il est vrai que, pour l’entraîneur de la CFA, ce n’est pas évident. »

 

- S'il y en a bien un qui était proche des supporters et qui les connaît bien, c’est toi. Franchement, comprends-tu les supporters qui râlent parce que, justement, on voit très peu les jeunes en pro ?

- Bien sûr, mais on en a lancé quelques-uns. Après, il y a eu le retour des blessés, comme Nenad, ou encore le fait que des joueurs qui ne devaient pas rester, comme par exemple Maoulida ou d’autres, restent finalement au club. Il y aussi d’autres joueurs qui sont arrivés. Alors peut-être que ce n’était pas une obligation mais on les a pris et il faut faire avec. Voilà pourquoi, peut-être que cela a bloqué la porte à certains jeunes mais c’est comme ça, il faut faire avec. C’est vrai que tout le monde s’attend toujours à voir un peu plus de jeunes. On regarde un peu ce qui se passe ailleurs et on dit toujours : « Oui mais là-bas, ça sort, pourquoi pas ici. »

 

- Leur faut-il plus de force mentale selon toi ?

- Le mental, ils l’ont. Après, faut-il encore la chance de pouvoir se montrer. Quand on a la chance de pouvoir intégrer ce groupe-là, il faut se donner à 100% aussi. Si on est à 50%, que l’on a peur ou que l’on n'est pas bien, quelque part on n'aura peut-être pas une seconde chance. Il faut donc vraiment saisir sa chance. Des bon joueurs, il y en a. Maintenant, ont-ils le potentiel pour jouer en Ligue 2 ? Ont-ils la force mentale pour jouer à ce niveau-là ? Vous savez, elle se fait là aussi la différence parce que, quand vous rentrez sur le terrain, que vous savez qu’il y a 30 000 personnes et face à une bonne équipe, croyez-moi, il faut savoir gérer tout ça et ce n’est pas évident. Nous, à notre époque, on nous a laissé notre chance. Peut-être faut-il leur laisser la leur ? Maintenant, il y a un entraîneur, des adjoints, un staff technique. Ca discute beaucoup aussi. Quelque part, si on ne fait pas jouer ces jeunes-là, c’est probablement qu’il y a une raison.

 

- Penses-tu que, comme tu l’as dit tout à l’heure, le fait qu’il y ait une montée impérative à jouer fait que l’on n'ose moins faire confiance à ces jeunes, tant l’enjeu est important ?

- Oui, bien sûr. On ne peut pas faire n’importe quoi non plus. Peut-être que si on avait su mieux gérer certains matchs, on aurait aujourd’hui 10 ou 12 points d’avance et que cela aurait été bien plus facile pour intégrer certains jeunes. Là, on n'a que 5 points et ce n’est rien, 5 points. Il suffit que tu perdes un match, que tes poursuivants gagnent et il ne te reste que 2 points d’avance. Résultat, tu joues avec le "trouillaumètre à zéro". Donc, il faut aussi gérer tout ça. Alors, il y a certains jeunes qui peuvent prendre ça par-dessus la jambe parce qu’ils ont un tempérament qui fait que ça leur passe au-dessus. Et puis il y en a d’autres qui vont être timorés ou avoir peur, qui n’oseront pas et, tout ça aussi, il faut savoir le gérer pour un entraîneur. Et je vous avouerais que ce n’est pas facile, mais alors vraiment pas facile.

Interview réalisée par Doms.

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Bonne interview de Msieur doms :yes: ^_^

Il dit qu'il y a de la qualité chez nos jeunes, à voir s'il ne dit pas ça seulement pour leurs faire plaisir...

 

Pis doit bien y avoir un jeune supérieur à Demont en Cfa merde, c'est yohann qu'il faut faire descendre en réserve! :mdr:

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un peu à l’image du dernier match, où on pense que nous sommes à l’abri, que le match est plié en menant deux à zéro et, derrière, on se fait peur tout seul.

 

Ouais on connait...

 

Comme derrière, on tombe aussi sur des équipes qui sont bien regroupées, qui, comme souvent en plus, arrivent à marquer sur leur première occasion, cela nous met forcément dans des situations plus compliquées.

 

çà me fait penser à Lens-Clermont où Clermont avait ouvert le score sur leur première occasion (une succession de têtes <_< )

 

Dans le football, il n' y a pas de secret : si on veut des résultats, il faut oser, aller de l’avant. Or, parfois, ce n’est pas ce qu’on ressent : on sent parfois qu’il y a une petite peur de se livrer totalement et de se faire contrer.

 

Maintenant, si un jeune mérite de jouer à la place d’un pro, à moins d’être con ou bête, on le prend dans l’équipe. Or là, je ne pense pas que cela soit le cas. Il y a quand même des jeunes comme William (Rémy), Nolan (Roux), Camille ou encore Monrose qui ont intégré le groupe pro. C’est donc la preuve qu’il y a de la qualité ces chez jeunes. Après, il y aussi la montée qu’il faut jouer : il ne faut donc pas non plus faire n’importe quoi.

 

Contradictoire selon moi : si, au bout de 20 matchs, on voit toujours que les mecs en place jouent avec un frein à main, à mon avis pour les matchs restans, autant faire jouer des jeunes qui veulent se montrer, d'autant que le challenge est super pour eux ! (une montée en L1 quand on a 20ans çà doit être suffisamment motivant non ?)

 

Voilà pourquoi, peut-être que cela a bloqué la porte à certains jeunes mais c’est comme ça, il faut faire avec.

 

Je déteste cette expression qui montre un certain résignement...

 

Oui, bien sûr. On ne peut pas faire n’importe quoi non plus. Peut-être que si on avait su mieux gérer certains matchs, on aurait aujourd’hui 10 ou 12 points d’avance et que cela aurait été bien plus facile pour intégrer certains jeunes. Là, on n'a que 5 points et ce n’est rien, 5 points. Il suffit que tu perdes un match, que tes poursuivants gagnent et il ne te reste que 2 points d’avance. Résultat, tu joues avec le "trouillaumètre à zéro"

 

A un moment Lens avait suffisamment d'avance pour donner du temps de jeu aux jeunes et faire "souffler" les cadres. Kova, Roudet, Laurenti, c'est des blessures dûes à l'accumulation de matchs j'en sui sûr. Bref on a Joseph-Monrose, Roux, Camille, Blanc, voire Sow...qui ne demandent qu'à exploser à la lumières du jour (ou des caméras au choix).

 

 

Un discours sans surprise au final...On apprend rien, juste des confirmations de ce qu'on savait déjà. Et même pire, le ton qui ressort de cette interview me laisse songeur...Siko se la joue fataliste, "c'est comme çà", "il faut faire avec", "oui mais...", "chaque équipe veut faire tomber le leader"

Pas une seule fois j'ai lu que Lens devait se faire respecter sur tous les terrains, pas une seule fois j'ai lu que la vraie place de Lens était en L1 et pas une seule fois j'ai lu que les joueurs devaient avoir la hargne et aller au charbon à chaque match....tout au plus il avoue timidement : Mentalement, on doit se dire que l’on doit jouer, que l’on a notre destin en mains. On doit se donner à fond jusqu’au bout. Si c’est le cas, on y sera

 

J'aurai aimé un Siko plus incisif qui insiste sur les vrais problèmes de l'équipe. Mais bon on peut comprendre qu'il ne désire pas se mettre en porte à faux avec les dirigeants et joueurs. :secret:

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